Un « changement de braquet » qui s'accélère >
«Regardez la journée de vendredi : le matin, des pompiers visés au mortier. L'après-midi, une policière tuée dans une attaque au couteau… c'est désespérant », soupire une parlementaire LREM, figure connue du Palais Bourbon. Depuis quelques mois, outre la crise sanitaire, c'est bien l'insécurité qui s'impose comme un thème politique majeur et, peut-être, comme futur thème de la prochaine élection présidentielle. « Le chef de l'État ne s'y est d'ailleurs pas trompé, en reprenant la main sur le régalien et en envoyant Gérald Darmanin le plus possible sur le terrain », analyse un observateur, qui constate que « le plan prison, le débat sur la laïcité, les prises de paroles du ministre de l'Intérieur… tout ça vient renforcer tout un pan de la politique du président de la République où il a toujours été plus faible ». Un membre du gouvernement apporte la contradiction, et est moins sévère : « Il a fallu un changement de braquet radical. Le chef de l'État n'a jamais été faible sur ces questions, mais il faut simplement faire en sorte que la crise sanitaire ne parasite pas tout. » Il n'empêche : la multiplication des faits divers ces derniers mois pousse le chef de l'État à muscler son côté régalien au maximum pour prendre des voix au dernier réservoir restant, à savoir la droite qui, pour le moment, n'a toujours pas trouvé « son » candidat, qui sera peut-être départagé par une primaire. « Le but, c'est de pousser les autres candidats, potentiels ou déclarés, à se positionner sur les actions du Président », explique un autre député, convaincu que « les Français ont compris que le Président n'avait aucune faiblesse sur ces questions ».