Pas de « dégagisme », retour des clivages traditionnels >
C'est le principal enseignement des résultats hier soir des élections régionales et départementales : tous les présidents de région sortants ont été réélus. Et si La République en marche ou le Rassemblement national font, ici ou là, des percées importantes et des entrées dans les exécutifs locaux, les scores restent moins importants qu'annoncés pour le RN, et médiocres pour LREM, qui a engagé de nombreux ministres tous battus. De là à entraîner un remaniement (lire notre page 2) ? Si l'exécutif parlait hier soir de « réajustements », le chef de l'État sait bien qu'il ne peut pas, au regard des très mauvais résultats, ne pas réagir politiquement. Mais, plus inquiétant pour Emmanuel Macron, sa tentative de « disruption » de la vie politique est un semi-échec : la droite qu'il voulait tant détruire s'est remise en état de marche hier soir, et la gauche a conservé ses régions et s'est même renforcée localement. Le retour des « anciens » clivages n'est pas une bonne nouvelle pour En marche, qui désormais doit gérer la candidature de Xavier Bertrand, qui est incontestablement sorti renforcé de cette élection et se projette déjà dans la bataille de l'élection présidentielle. Pour l'exécutif : le retour de l'« ancien monde » pourrait bien mettre à mal les plans du chef de l'État pour 2022, même si ce dernier n'a pas encore fait connaître ses intentions.