Le référendum maintenu… et après ? >
Les conditions sanitaires permettent le bon déroulement du troisième et dernier référendum sur la Nouvelle Calédonie, prévu par les accords de Nouméa, qui aura bien lieu le 12 décembre. C'est, selon plusieurs participants, ce qu'a annoncé le Premier ministre, lors des comités de liaison avec les groupes parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat, le 24 novembre dernier. Partisans d'un report, André Chassaigne, Mathilde Panot et Bertrand Pancher, présidents des groupes GDR, LFI et Libertés&Territoires de l'Assemblée nationale, n'ont pu que s'incliner. « La décision du gouvernement était prise, elle est sanitaire et juridique. Mais le problème est politique », rappelle Patrick Kanner, président du groupe PS au Sénat. Les partis indépendantistes, qui demandaient un report après les élections nationales au motif qu'ils ne peuvent faire campagne auprès d'un électorat en deuil – ou parce qu'ils craignent une troisième victoire du Non à l'indépendance, dit-on côté loyaliste – appellent en effet désormais au boycott. Mais quelle sera la légitimité de ce scrutin final si l'écrasante majorité des Kanaks ne votent pas ? « La question, c'est le 13. Comme l'écrit bien une tribune dans Le Monde [de l'historien Louis-José Barbançon, NDLR], “la seule réponse possible au oui ou au non, c'est le nous” », assure Kanner. « C'est-à-dire comment, dans les 18 mois qui suivent, prévus par les textes, caldoches et kanaks créent les conditions pour que le peuple calédonien vive dans sa diversité. » La Nouvelle-Calédonie est, de manière générale, un sujet que regarde de près l'exécutif au regard des enjeux, et au moment où les Outre-Mer sont plongés, eux aussi, dans la crise sanitaire.