Pourquoi Macron veut passer en force >
Cette fois, le chef de l'État veut en finir avec la réforme des retraites. Plutôt que d'attendre 2023 pour mener à bien ce chantier difficile, Emmanuel Macron a décidé de profiter du vote du PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale) pour réformer les retraites par un simple amendement. Cela ne signifie pas pour autant que la réforme sera a minima. L'Élysée – car c'est là que tout se décide – travaille sur une mesure d'âge (64 ou 65 ans) et sur une durée de cotisations. Mais de manière à faire passer la pilule, cet amendement comprendrait aussi une retraite minimum relevée de 980 à 1 100 euros par mois.
En agissant de la sorte, le président de la République est conscient qu'il laisse peu de place au dialogue social. Laurent Berger, leader de la CFDT, fulmine déjà sur le fond comme sur la méthode. Si le fait de passer par le PLFSS autorise la Première ministre à utiliser l'article 49-3 pour faire voter le texte, sans perdre « cette cartouche » pour un autre texte, Emmanuel Macron entend aussi mettre Les Républicains face à leurs responsabilités. D'autant que Bruno Retailleau avait fait voter par les sénateurs, l'an passé, un amendement de ce type prévoyant un relèvement de l'âge de la retraite à 64 ans…