Le secteur de l'hospitalisation privée attend des décisions courageuses >
Le nouveau ministre délégué à la Santé a plus d'un dossier sur son bureau. En tant qu'ancien président de la Fédération hospitalière de France, on peut craindre que Frédéric Valletoux ne considère pas comme prioritaires les difficultés économiques rencontrées par le secteur de l'hospitalisation privée. Pourtant, alors que le mois de mars approche, celle-ci ne connaît toujours pas les conditions financières de prise en charge par la Sécurité sociale pour 2024. Et surtout, elle doit faire face à une situation économique complexe, dans la mesure où elle n'a bénéficié d'aucune compensation financière de l'inflation. Ce qui pèse sur sa capacité à investir, notamment dans de nouveaux matériels ou à revaloriser des salaires qui sont inférieurs de 10 % à ceux qui sont pratiqués dans le secteur public. D'autant plus que 40 % des établissements sont aujourd'hui en déficit. Or le discours quasi-officiel, avenue de Ségur, consiste à opposer en permanence le public et le privé en expliquant, de surcroît, que les difficultés des hôpitaux publics sont dues au secteur privé. Comme si on avait oublié qu'il y a quatre ans les deux pans de notre service de santé avaient su coopérer, sous l'égide des Autorités régionales de santé, pour faire face à la pandémie. Il y a donc un impératif à prendre en compte les demandes financières des 1 030 cliniques et hôpitaux privés, qui accueillent 9 millions de patients sur l'ensemble du territoire. Ce qui représente 35 % de l'activité hospitalière avec seulement 18 % des financements publics. Dans la mesure où 90 % des ressources financières du secteur privé sont déterminées par des tarifs fixés par l'État.