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Pouvoirs / Éditorial / 13/01/2025

Le capital politique d'Éric Lombard

« Un compromis – parait-il –, c'est l'art de couper un gâteau de telle manière que chacun pense avoir la plus grosse part. » S'il y a bien un ministre à avoir intégré cet adage, c'est Éric Lombard. Sans doute parce qu'il bénéficie de trois atouts que n'ont pas ses collègues du gouvernement : une culture de la performance héritée de ses postes de dirigeant dans le secteur privé, une nécessité du dialogue social et territorial entretenue à la Caisse des Dépôts et un goût pour la modération et la nuance, qui sont devenues deux notions bien rares en politique aujourd'hui. C'est donc par un compromis en discussion autour d'une possible suspension de la référence à l'âge légal de 64 ans pour la retraite qu'Éric Lombard a convaincu les socialistes de ne pas censurer ce gouvernement à défaut de le soutenir. De fait, le locataire de Bercy est devenu – nolens volens – l'homme fort sur lequel peut s'appuyer François Bayrou, bénéficiant d'un poids politique supérieur à celui des quatre ministres d'État réunis. À lui, maintenant, de faire fructifier ce capital pour remettre les finances du pays au carré, convaincre le Parlement qu'il vaut mieux faire des économies plutôt que taxer et faire voter ce budget. Tout cela à un moment où le taux de rendement de l'OAT à dix ans – qui vient de grimper de cinquante points de base en un mois – nous rappelle que les 300 milliards que la France va emprunter cette année coûteront plus cher que prévu et viendront creuser le déficit. Mais la différence entre les socialistes et les marchés, c'est qu'avec ces derniers on ne peut pas faire de compromis.

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