BCE : une augmentation de capital avant tout politique >
Une prochaine augmentation de capital de la BCE, qui devrait se traduire par un abondement supplémentaire des Etats, est davantage une décision politique qu'économique. En effet, la BCE n'a pas un problème de bilan, estiment les économistes. Certes, celui-ci s'est dégradé à la faveur de la crise. Mais dans une proportion moindre que celui de la Fed, qui a racheté l'équivalent de 10 % du PIB de titres "douteux". Les achats de titres de dette (environ 70 milliards d'euros) réalisés par la BCE ne représentent qu'une petite fraction du bilan (2 000 milliards) de l'eurosystème et les pertes éventuelles réalisées sur ces opérations sont provisionnées, rappelle un ancien banquier central. En fait, il n'est absolument pas nécessaire d'augmenter le capital de la BCE. Celle-ci n'est tout simplement pas prête à continuer son programme exceptionnel de soutien à l'économie sans engagement supplémentaire des gouvernements nationaux, analyse Gilles Moec, économiste de la Deutsche Bank.