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Tendance / 15/11/2010

Portefeuilles

Peu de changements de gouvernement auront autant suscité de supputations de pure fiction... jusqu'au jour J. François Bayrou a même été évoqué pour un grand ministère transversal. Les personnalités directement intéressées ont été de puissants émetteurs, comme Alain Juppé suggérant l'entrée de certains proches, mais Nicolas Sarkozy s'est montré particulièrement mystérieux concernant ses intentions. Au point qu'un ministre en cour spéculait en fin de semaine : "Le président serait bien tenté de renverser la table en ne cédant pas aux pressions pour renommer François Fillon et en choisissant un troisième homme." Mais le temps paraît court pour réussir un tel contre-pied.

Une chose est sûre : dans ce casting très politique, les personnalités choisies devront apporter une forte valeur ajoutée. Certains sortants comme Henri de Raincourt et Jean-Marie Bockel s'inquiétent pour leur reconduction. Des symboles de la vigueur régionale de la droite - Philippe Richert en Alsace, Christophe Béchu dans les Pays de la Loire - sont cités comme possibles entrants. Certains poids lourds de l'actuel gouvernement - MAM, Hervé Morin - reprenaient espoir en fin de semaine dernière après avoir été donnés partants. Quant à Xavier Bertrand, certains ne voudraient pas qu'il obtienne un ministère trop important.

Après la caballe dont s'estime victime Jean-Louis Borloo, le centre est remonté à bloc. Certains spéculent même sur un autre remaniement qui suivrait un revers de la majorité aux cantonales du printemps. Les centristes de l'UMP devraient présenter leur candidat pour la présidence du groupe UMP "afin de se compter". Pierre Méhaignerie aurait cependant décliné l'offre de succéder à Jean-François Copé. Le centre souhaite s'adjuger au gouvernement des portefeuilles "proches des préoccupations des gens" (cohésion sociale, logement, emploi). Un ministre de cette sensibilité souligne que, après la séquence de la réforme des retraites, il va falloir "vendre" aux Français le financement de la grande dépendance, ce qui ne sera pas simple. Et le même d'ajouter : "Le retour des caciques tel Alain Juppé traduit un certain désarroi du pouvoir. Cela rappelle VGE imposant à Raymond Barre, dans son gouvernement, des historiques du RPR comme Olivier Guichard et Alain Peyrefitte."

Retour amer du G20 de Séoul. "C'est simple, tout le monde est pour la coopération internationale tant qu'elle ne gêne pas les intérêts nationaux", regrette un proche de José Manuel Barroso. Ce G20, qui a débouché sur un accord mais peu de progrès, laisse deviner la trajectoire à venir des taux de change, selon un proche de DSK : un dollar et une livre faibles, un yen, un franc suisse et un euro forts, des monnaies émergentes sous pression. Les économistes de la Fed ont calculé que le "QE2" de 600 milliards de dollars, à l'origine du dernier affaiblissement du billet vert, devrait générer seulement 0,2 à 0,3 % de croissance supplémentaire pour les douze prochains mois, alors que, d'après les calculs des économistes de banques françaises, l'euro devient pénalisant à partir de 1,10 dollar pour les exportateurs italiens, 1,20 pour les français et 1,40 pour les allemands. Tout ça pour ça ?

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23/09/2023