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Tendance / 30/04/2012

Ressorts

"Inquiétude avec François Hollande ou rejet de Nicolas Sarkozy: quel est le ressort qui sera le plus fort le 6 mai chez les électeurs ?" Ainsi un spécialiste de l'opinion résume-t-il l'enjeu du second tour. Il prévoit une forte participation dimanche avec une progression substantielle des votes blanc et nul. Au lendemain des résultats du premier tour, le camp socialiste a gambergé sur les raisons des deux ou trois points manquants à Hollande par rapport aux prévisions de Solferino. Réflexion d'un dirigeant du PS : "Les Français voudront peut-être faire passer deux messages : au premier tour, sanctionner Sarkozy ; au second, choisir celui qui incarne le plus la fonction de chef de l'Etat." Une publicitaire de l'équipe de campagne complète : "Hollande peut encore perdre à deux conditions : si nous ne réussissons pas à montrer que l'électorat du FN est composite et si Sarkozy parvient à renverser la table avec une carte inattendue."

Agacé par les fuites de presse sur la composition de son gouvernement et de son équipe élyséenne, Hollande a demandé à ses proches une extrême discrétion sur ces sujets. Il est vrai que Paris bruisse de multiples listes de noms à l'initiative des hollandais pur jus ou encore de Laurent Fabius. En tout cas, Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin sont revenus en force dans les médias, indiquant, en creux, que le second serait aussi dans la course pour la rue de Varenne. Son avantage : un CV d'ex-ministre rompu aux arcanes de l'exécutif à la différence du maire de Nantes. Certains, dans les milieux d'affaires, le voyant bien cumuler Matignon et le ministère de l'Economie, crise oblige, à l'instar jadis de Raymond Barre. Un proche de Hollande, Olivier Faure, s'inquiète, lui, d'annonces de plans sociaux d'ici aux législatives qui gêneraient le nouveau gouvernement.

Côté Nicolas Sarkozy, après les dérapages sur le "vrai travail", son équipe est décidée à marteler des thèmes sur fond de "langage de vérité" à même de séduire les électeurs du FN et ceux de François Bayrou. L'argument du vote des étrangers aux municipales, jugé le plus efficace pour faire basculer les suffrages, sera utilisé sans retenue. Le président-candidat croit à sa baraka pour le débat de mercredi et espère in fine déclencher un mouvement de sympathie à son endroit.

La crise de la zone euro revient dans le débat électoral, avec la demande de la BCE de donner la priorité à la croissance. Les opérateurs restent en tout cas inquiets à court terme. Peter Praet, membre du directoire de la BCE, affirme en privé que Francfort craint un autre round de l'eurocrise avant l'été. La banque préparerait une panoplie d'instruments à utiliser dans ce cas : baisse des taux courts, achats de la dette des pays en difficulté. Derrière un affichage de façade, le FMIserait tout aussi pessimiste sur l'évolution de la crise européenne.

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