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Deux visions s'affrontent concernant la situation de la France en 2013. François Hollande explique à ses visiteurs que des "aléas positifs" pourraient aider la France à mieux traverser que prévu l'année prochaine.Outre le bas niveau des taux, le président pointe la reprise de l'économie américaine ou l'absence jusqu'ici de déflagration au Proche-Orient et avec l'Iran.
Le son de cloche est en revanche pessimiste dans l'opposition et chez beaucoup de patrons. Xavier Bertrand redoute que la France ne puisse pas supporter l'augmentation massiveet régulière du chômage attendue tout au long de 2013 et entrevoit le point de rupture. La cote d'alerte menace également côté prélèvements. La combinaison des deux facteurs pourrait provoquer des turbulences économiques et sociales. Alain Madelin estime que le tournant réaliste du gouvernement est satisfaisant,tout en jugeant sévèrement les moyens choisis pour atteindre les objectifs fixés : "La France mérite une politique économique libérale, qu'elle soit de droite ou de gauche."
Concernant la pédagogie des réformes, le compte n'y est toujours pas du côté de l'exécutif.La gestion chaotique du dossier Florange a montré les limites d'un gouvernement à plusieurs têtes aux positions antagonistes. "Montebourg a tactiquement pris date par rapport au tandem Hollande-Ayrault au cas où Mittal, au fil des mois, ne tiendrait pas ses promesses" note un de ses collègues du gouvernement qui souligne que Montebourg cherche de plus en plus à se poser comme une alternative pour la seconde partie du quinquennat. Des réglages sont toujours attendus au niveau du dispositif de com'de l'Elysée et de Matignon, mais Hollande ne souhaite rien brusquer.
Sur la trajectoire des finances publiques, la Cour des comptes entrera en scène en janvier sur la question de l'objectif des 3 % de déficit pour la fin de 2013 en France.Elle devrait formuler ses recommandations dans l'hypothèse où la croissance neserait pas au rendez-vous l'an prochain.
Côté UMP, si Xavier Bertrand se disait en fin de semaine en peine de prévoir l'issue des discussions entre Jean-François Copé et François Fillon, des responsablesUMP anticipaient un accord pour cette semaine, incluant un large partage des responsabilités au sein du parti.Mais les deux rivaux ont souhaité se hâter lentement avec un double objectif : faire baisser la température parmi les militants pas vraiment séparatistes, scruter les enseignements du premier tour des législatives partielles,et marginaliser les "non-alignés", seul vrai point d'accord entre les deux camps!
Quant à la succession de Luc Vigneron chez Thales, le dossier entre dans sa dernière ligne droite avec l'audition cette semaine des candidats devant l'APE et Dassault. Un conseil d'administration sur le sujet devrait trancher avant Noël. Mais c'est la reprise de GHM qui agite le plus le microcosme. Des politiques de tous bords, notamment de Paca, ont tenté jusqu'au bout de torpiller la solution Tapie. Christian Kert, député UMP des Bouches-du-Rhône, avait même inscrit à son agenda un rendez-vous avec François Pinault pour le convaincre de revenir sur le dossier.