Illisible for ever >
Entre révision à la baisse de la croissance française par la Commission européenne et bulletin d'encouragement de Standard & Poor's, Pierre Moscovici cherchera à montrer cette semaine l'opiniâtreté du gouvernement à réaliser des économies. Les fuites de presse concernant la fiscalisation des allocations familiales et les retraites auront contribué à préparer l'opinion à des mesures brisant quelques tabous. Mais le fossé se creuse entre ministres adeptes de la rigueur budgétaire et d'autres s'accrochant à une politique redistributive et correctrice des inégalités. Question sans doute de postures, mais sans risque de fracture politique, assure un proche du Château.
Le pouvoir continue à donner des signes contradictoires qui jettent le doute sur sa stratégie : qu'il s'agisse de la suppression du jour de carence pour les fonctionnaires ou des dépenses induites par la réforme des rythmes scolaires alors que les collectivités territoriales sont sous pression budgétaire. Les "coups de gueule" d'Arnaud Montebourg déroutent aussi. Autre secteur à surveiller : les dossiers sociaux suivis par Marisol Touraine, de l'hôpital à la loi de santé publique encore peu lisible. Sans parler de son cabinet "à géométrie variable" qui a connu le départ de son conseiller financier.
Face à la contrainte budgétaire pour l'Etat, des patrons s'inquiètent de l'insuffisant pilotage de certains secteurs phares comme le nucléaire et l'énergie. Ils s'interrogent sur les outils de financement de grands projets à l'heure où les concurrents russes ou chinois sont très soutenus par leurs Etats, notamment sur les marchés extérieurs. Les choix énergétiques de l'UE, thème d'un sommet européen en mai, ne paraissent pas plus clairs. Un PDG s'inquiète ainsi de l'incohérence de l'Allemagne à miser simultanément sur le charbon et sur les énergies renouvelables.
Après la tenue du premier conseil d'administration à Dijon, la structuration de la BPI va rapidement prendre forme. Nicolas Dufourcq devrait aller vite pour réorganiser l'état-major, et des départs sont à prévoir avec quelques-uns des dirigeants avec qui les relations sont compliquées. Philippe Braidy, président de CDC Entreprise, et Jean-Yves Gilet sont particulièrement sur la sellette. Reste à leur trouver un point de chute !
La crise for ever ? Lorenzo Bini Smaghi, ex-membre du directoire de la BCE, président de Snam Rete Gas (ENI), soutient que l'économie mondiale est en train de recréer une bulle spéculative très dangereuse. Les banques centrales injectent, en effet, beaucoup de liquidités qui cherchent des placements à fort rendement. Ce qui soutiendrait aussi les prix de certaines obligations et actions de piètre qualité.
Dans l'opposition, la paix armée va continuer entre Jean-François Copé et François Fillon. Celui-ci va chercher ce mardi à la Mutualité à se positionner pour 2017, même si ses détracteurs à l'UMP sont tentés de lui coller une image de loser. Pour Paris, les "modernes" imaginent déjà une dream team NKM-Jouanno-Dati- Sarnez, la seule qui pourrait, selon eux, renverser la table face à Anne Hidalgo.