Cet article a été archivé
Partager
Offrir cet article
En tant qu'abonné, vous pourrez encore offrir
0 articles ce mois-ci.
Tendance / 16/09/2013

Cartes rebattues

Les annonces désordonnées sur les mesures fiscales et de nouvelles taxes ont semblé replonger le gouvernement et la majorité dans une séquence de couacs, avec la menace supplémentaire des Verts de claquer la porte du gouvernement. Au sommet de l'Etat, cet emballement est relativisé pour deux raisons. D'abord, cette effervescence prépare l'opinion à l'inévitable serrage de vis et le fait de pester contre toute mesure d'économies, comme le fait l'opposition qui souhaite par ailleurs un amincissement de l'Etat, n'est pas jugé sérieux. Ensuite, les arbitrages finaux ne sont pas tous rendus et le gouvernement compte ajuster le tir en reconfigurant certaines mesures. Il faut aussi laisser des marges de manoeuvre aux parlementaires pour qu'ils améliorent telle ou telle disposition. Politiquement, la montée du FN enregistrée par les sondages sert Jean-Marc Ayrault qui devrait trouver un compromis avec les Verts de Pascal Durand.

Les batailles d'amendements s'annoncent pourtant rudes au Parlement, surtout au Sénat où la majorité devrait être de plus en plus "introuvable". Parallèlement aux propositions que feront les députés de la Gauche populaire derrière Laurent Baumel sur la loi de finances, Jérôme Guedj et les élus de la gauche du parti vont défendre l'idée d'enlever dans la réforme des retraites l'automaticité de la réduction de la durée de cotisation. "Cette mesure n'est pas dans l'ADN de la gauche, observe le député de l'Essonne, c'est comme si la droite, la croissance revenue, réclamait la semaine des 32 heures !"

A la tête de l'exécutif, de nouveaux équilibres se dessinent. Jean-Marc Ayrault assoit son autorité en reprenant la main sur certains secteurs, comme la Modernisation de l'action publique, et continue à remodeler son équipe économique. Dans les choix budgétaires, il impose de plus en plus sa ligne, plus rigoureuse que celle de François Hollande s'agissant de la réduction des déficits. Au point qu'un conseiller du Château confie, en privé : "Hollande ne sait pas désavouer Ayrault !"

Après un été plutôt calme en termes de gros deals, à l'exception de l'opération Publicis-Omnicom, la rentrée s'annonce active, dixit un avocat d'affaires. Particulièrement en Italie, où plusieurs groupes, notamment dans la mode, à l'instar de Versace, suscitent des convoitises. Autre élément positif pour les affaires : Paris espère décrocher de gros contrats à l'international. L'Arabie saoudite et l'Algérie seraient particulièrement bien disposées à l'égard de la France. A Alger, des consignes ont même été passées dans les ministères pour favoriser les groupes français.

Légère éclaircie dans le bâtiment : la FBF va faire état cette semaine d'une conjoncture moins sombre que prévu, en rectifiant ses prévisions de recul du chiffre d'affaires de 3,5 à 2,2 % pour 2013. Les estimations de pertes d'effectifs, en revanche, ne s'améliorent pas. Et Didier Ridoret, président de la FFB, va pointer la question de la pénibilité, devenue le chiffon rouge pour la profession. Autre motif d'inquiétude : une disposition dans la loi consommation qui tend à réduire les délais de paiement de certains fournisseurs (matériaux de construction).

Cette semaine, dans la rubrique Tendance

23/09/2023