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Tendance / 23/12/2013

Donner des gages

Dans la majorité, comme au sommet de l'Etat, chacun se projette en 2014, année de choix cruciaux, avec l'épreuve de la loi de finances 2015. " Dans l'obligation de trouver 20 milliards d'euros, il faut s'attendre à un automne cauchemardesque. Le gouvernement voudra éviter l'effet ?dette boule de neige? et les parlementaires surenchériront pour trouver la soudure ", s'alarme un ponte de Bercy. Les députés PS partisans de méthodes drastiques comptent d'ailleurs de plus en plus se faire entendre. Des élus de la jeune garde de la commission des finances, comme Thomas Thévenoud, souhaitent que l'effort porte désormais sur la réduction des dépenses des collectivités territoriales. " Les élus qui seront francs là-dessus auront l'opinion avec eux ", assure-t-il.

Les derniers chiffres de prévision d'activité laissent poindre une embellie, y compris en matière d'investissements des entreprises. Entre autres signes, le conseil s'est remis à recruter. L'exécutif, en dépit de la déception concernant le Rafale au Brésil ? " un mauvais legs du quinquennat Sarkozy ", glisse un proche du Château ?, mise sur la concrétisation de plusieurs gros contrats à l'international. Le président compte engranger en Arabie saoudite, et en mars avec la Chine. Des signatures de contrats, préparées lors du voyage de Jean-Marc Ayrault à Pékin, ont été reportées jusqu'à la visite du président chinois afin de leur donner plus d'éclat. Une mission de trois inspections (Affaires étrangères, Finances, Intérieur) vient d'ailleurs de séjourner en Chine avec l'objectif d'améliorer l'attractivité de la France aux yeux des investisseurs locaux. Un véritable " moment de la France " s'ouvrirait, succédant à l'offensive de l'Allemagne. Et, fin janvier, le président de la Mongolie devrait effectuer une visite officielle en France avec une étape à Lyon et des possibles contrats à la clé.

Plusieurs patrons du secteur public sont dans les starting-blocks en vue de leur reconduction en 2014. Henri Proglio (EDF), fort de ses résultats et des gages qu'il a donnés au pouvoir, reste le grand favori pour un nouveau mandat, même s'il lui faudra probablement composer avec des hausses de tarifs moins élevées qu'il ne le souhaite. Sauf accident, Stéphane Richard (Orange) conserve aussi de bonnes cartes tandis que Delphine Ernotte-Cunci, en interne, commence à avoir des supporters. Le cas de Pierre Mongin (RATP) est, a priori, plus délicat dans la mesure où, pour ce poste, l'Elysée pourrait être tenté de placer un proche (Pierre-René Lemas, Nicolas Revel ou encore Dominique Marcel). " Sur ces trois postes, il serait étonnant que le président ne favorise pas une figure de gauche, histoire de montrer son autorité et de préparer l'avenir ", glisse un proche.

A droite, l'hypothèse du retour de Nicolas Sarkozy finit par être intégrée même par ceux qui n'y croient toujours pas. Mais ses concurrents estiment que l'ex-chef de l'Etat n'a pas vraiment changé, histoire de tempérament. Pour l'heure, l'ex-président soigne ses réponses aux v?ux et fait chauffer la machine à signer. Si le hollandisme commence à " fatiguer les gens ", comme le note un maire PS de l'est de la France, le nouveau sarkozysme se cherche. Et du désamour de Hollande pourrait surgir un échiquier post-2014 à même de lui donner, pense-t-il, des marges de man?uvre.

Cette semaine, dans la rubrique Tendance

23/09/2023