AMÉRIQUE LATINE : PÉKIN EN RISQUE >
L a Chine, soucieuse de sécuriser son accès aux matières premières, est un créditeur important de l'Amérique latine. Entre 2005 et 2014, le montant total des prêts atteint 119 milliards de dollars. Pékin prend de gros risques et commence sans doute à en prendre conscience : le dernier voyage de Nicolás Maduro à Pékin s'est soldé par un échec, souligne le Crédit agricole. Le risque pris peut être illustré par les premières décisions du nouveau président sri-lankais, Maithripala Sirisena. Il a annoncé qu'il allait réexaminer les conditions des crédits chinois à son pays et suspendu la construction d'un port de 1,5 milliard de dollars par une entreprise chinoise. Ce risque est politique : le danger qu'un nouveau gouvernement succédant aux régimes « clients » de Pékin ne qualifie une partie des crédits chinois comme de la « dette odieuse », c'est-à-dire une dette accordée à des conditions excessivement abusives à un gouvernement antérieur qui l'aurait contractée aussi pour satisfaire les intérêts personnels de certains dirigeants.