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Tendance / 31/08/2015

Au travail !

D e l'avantage des écarts de langage, suivis de recadrages, sur des tabous à gauche comme les 35 heures ! François Hollande au fond n'est pas si mécontent du buzz autour des propos iconoclastes d' Emmanuel Macron, ce qui permet au tandem de l'exécutif d'avoir le beau rôle pour remettre les pendules à l'heure. L'Elysée, en laissant fuiter le nom de son ministre de l'Economie pour succéder à François Rebsamen, a d'évidence assumé les risques d'une sortie de route. Le chef de l'Etat, qui tentera de clore le débat lors de sa conférence de presse, ne souhaite surtout pas mettre le feu ni à gauche ni sur la planète syndicale alors que se profilent des discussions sensibles entre partenaires sociaux et les conclusions du rapport Combrexelle sur la place de la négociation d'entreprise. Dans sa préface à l'ouvrage de Jacky Bontems, le chef de l'Etat a d'ailleurs fait l'éloge de la négociation sociale comme méthode pour faire avancer les réformes.


Apparemment embarrassé pour choisir son nouveau ministre du Travail, Hollande compte faire apparaître sa décision comme la résultante naturelle de tous ces débats. D'aucuns auraient bien vu Thierry Mandon propulsé à ce poste, mais ce dernier vient juste d'être nommé secrétaire d'Etat chargé de l'Enseignement supérieur. Et il pariait la semaine dernière que le poste reviendrait probablement à Alain Vidalies. L'Elysée soupèse également l'intérêt de faire monter un nouveau visage parmi les secrétaires d'Etat (Myriam El Khomri, Laurence Rossignol, Matthias Fekl). L'exécutif devra aussi trouver un remplaçant à Emmanuelle Wargon, sur le départ de la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle.


Avec la sortie d'Emmanuel Macron, le thème du travail aura marqué l'université d'été du Medef, même si cette dernière, ramassée sur un jour et demi, a vu défiler moins de ministres et de PDG que d'habitude. Des patrons ont deviné qu'il s'agissait d'une édition de transition, après celle de la déclaration d'amour de Manuel Valls aux entreprises et avant celle de 2016 qui devrait accueillir les futurs prétendants à l'Elysée. En réalité, le terrain avait été déblayé entre le pouvoir et le patronat : « Il y avait moins d'enjeux cette fois. Le Medef était surtout impatient d'avoir des réassurances de l'exécutif, notamment sur le Cice, que Hollande et Valls lui ont données en amont », résume un expert. A Jouy-en-Josas, plusieurs patrons sont venus dire à des ministres que le Cice, cette année, leur avait permis d'éviter des licenciements.


Dans l'optique de 2017, le président cherche à s'adresser à un double public. A sa droite, il entonne l'air de la baisse des impôts et laisse évoquer par Macron d'éventuelles évolutions sur la durée du temps de travail. A sa gauche, il veut rassurer sur les 35 heures et séduire en promettant une baisse de la pression fiscale. Une complexe mise en scène de thématiques et de jeux de rôle afin de ratisser large! Sauf que des annonces abruptes, comme celle sur les impôts, tiennent plus de la pensée magique alors que l'Hexagone risque de sortir des clous en matière de déficit et que des impôts rentrent moins que prévu. Par ailleurs, des décisions, bien visibles, intriguent, comme ces recasages à répétition concernant des proches ou des ex-ministres PS. Le candidat de la droite pourra alors utiliser cette arme dans la future campagne!


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23/09/2023