Lise Charmel : comment le groupe de lingerie veut repartir à l'offensive >
Après trois années de consolidation de ses activités, le groupe Lise Charmel (la marque éponyme, mais aussi Epure, Eprise, Antinéa et Antigel) repasse à l'offensive. S'il n'est pas question de procéder à l'acquisition d'un concurrent, l'entreprise, dirigée par Jacques Daumal et Olivier Piquet, pourrait reprendre des ateliers de fabrication pour étoffer son savoir-faire de corsetier. Lequel, quoi qu'il arrive, demeurera essentiellement en France. Ce qui permet à la société, qui en un peu plus de trente ans s'est imposée sur le marché très concurrentiel de la lingerie féminine, de réaliser un chiffre d'affaires 2014 de 90 millions d'euros, stable sur un an, dont 60 % à l'export. Et de maintenir autour de Lyon la moitié de ses 1 100 salariés, la totalité des productions les plus haut de gamme et sa logistique, voire de recruter sur place une quarantaine de modélistes cette année.
Lise Charmel s'appuie à fond sur les origines françaises de ses pièces, même si elle travaille avec des façonniers suisses ou italiens au savoir-faire unique. L'entreprise a également investi dans des usines en Bulgarie et dans des zones franches au Maghreb, mais refuse de délocaliser dans des pays plus exotiques. Car elle exploite à fond la qualité et le confort attachés à ses racines tricolores. Pour maintenir des prix compétitifs, elle a investi massivement dans des outils de conception et de fabrication numériques, afin de sortir quatre collections annuelles pour chaque marque et de garantir à ses revendeurs dans plus de cinquante pays des réassorts en moins de 24 heures. Plutôt que de lancer son propre site de vente en ligne, elle mise sur la conquête de nouveaux territoires, marqués par la création depuis deux ans de filiales au Canada, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou en Russie. Dans ce dernier pays, une troisième boutique moscovite ouvrira même ses portes en décembre.