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Tendance / 09/11/2015

Boa

L a polémique sur l'hypercommunication de François Hollande et le retour au gouvernement de la machine à couacs, avec rétropédalages en série sur des sujets sensibles, ont semé le désarroi dans la majorité, certains évoquant un dérèglement au cœur du pouvoir. Des députés hollandistes déplorent que la discussion sur le PLF 2016, après avoir bien commencé, se termine si mal, et en redoutent les conséquences électorales en décembre, rendant par exemple le succès de Claude Bartolone de plus en plus aléatoire en raison du risque de démobilisation de l'électorat de gauche. Les supporters de Barto pointent le fait que le label Valls - tout ce qui faisait le présumé « plus » de ce dernier : autorité, efficacité gouvernementale - se trouve mis à mal.


Des élus hollandistes tentent de se rassurer en relevant que le « patron » excelle à se jouer des ministres et des politiques, à « étouffer » ceux qui feraient un écart ou lui résisteraient. Son dernier surnom, dixit l'un d'eux : le Boa qui joue aux boules. La pression du Château se porte désormais sur Manuel Valls. De très mauvais résultats aux régionales pourraient lui être imputés après tant d'erreurs de pilotage. « Mais le président sait que Valls prendrait au moins 10 points dans les sondages s'il décidait de s'en séparer ! », admet un proche. Des hollandistes suggèrent que le futur gouvernement associe représentants de la nouvelle génération et des valeurs sûres, pour éviter la répétition de bévues de communication, comme celle de Myriam El Khomri sur BFMTV. Aux dernières supputations, pour le poste de ministre de la Défense, Stéphane Le Foll , fidèle du président, est beaucoup cité.


La COP21 continue à donner lieu en coulisse à des querelles de territoire et de préséance entre tous ceux qui pourraient en tirer bénéfice : outre François Hollande qui réunit pour la deuxième fois cette année les grands de la planète, Laurent Fabius veut en faire son « apothéose », Ségolène Royal entend creuser son sillon vert (éclat sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes) et… Jean-Louis Borloo se focalise sur son premier projet concret en Afrique. Alors que Paris continue à miser sur le fait que les pays les plus rétifs (Arabie saoudite, par exemple) finiront par rejoindre le mouvement après d'âpres discussions, nombre d'experts estiment que la multiplication des initiatives – sociétés civiles, villes, entreprises – va influer sur le dernier round des négociations. Les Etats-Unis viendront aussi à Paris avec trois gouverneurs, une délégation sénatoriale, plusieurs maires de grandes villes et il se murmure que Bill Gates pourrait faire un geste financier conséquent en faveur de la recherche sur le secteur.


De l'autorité, Emmanuel Macron en fait preuve dans le bras de fer qui l'oppose à Carlos Ghosn. Le dossier Renault pourrait prendre un tour plus politique car l'opposition, jusqu'ici discrète, veut reprendre la main et marquer le coup, à l'initiative d'Eric Woerth. Tous les scénarios sont envisagés comme celui de demander une commission d'enquête sur ce dossier, concernant notamment la montée de l'Etat au capital du constructeur et le report de la revente des titres rachetés, du point de vue des intérêts du groupe et de ceux des contribuables.


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23/09/2023