Cet article a été archivé
Partager
Offrir cet article
En tant qu'abonné, vous pourrez encore offrir
0 articles ce mois-ci.
Tendance / 21/12/2015

Métamorphose

A près les régionales qui se sont soldées par une sorte d'équilibre des forces (tripolarisation, quasi-partage des régions entre droite et gauche), les états-majors sont en quête de nouvelles dynamiques afin de reprendre la main. L'enjeu est désormais la conquête du centre ! Habituellement ressort de l'entre-deux-tours de la présidentielle, l'ouverture au centre s'installe dans le débat à un an et demi du scrutin. L'exécutif va continuer de tendre des perches dans cette direction et tenter de fabriquer du consensus. Il va chercher à avancer sur la sécurité, l'emploi et la réforme du travail en comptant sur des personnalités comme Raffarin, NKM, Frédéric Lefebvre ou le tandem Bertrand-Estrosi . Ces derniers, présidents de région, auront intérêt à jouer de concert avec les dispositifs installés par les pouvoirs publics, afin d'engranger des résultats. Au centre, certains avancent l'urgence de recranter l'échiquier face à la pression du FN : « Il faut refaire émerger une force centriste allant des centristes de LR aux déçus de Hollande , laissant un espace pour un parti LR positionné à droite qui cherchera alors à reprendre des parts de marché au FN », résume un proche de Jean-Louis Borloo .


Dans cette période de métamorphose, les initiatives vont fleurir pour promouvoir une refonte de la vie politique. Lancé par une quinzaine de personnalités de la société civile et du monde associatif, le manifeste La République des citoyens souhaite faire partager un projet progressiste reposant sur une nouvelle offre politique et une réorganisation de la démocratie représentative. Cette initiative pourrait chercher à associer des personnalités comme Nicolas Hulot ou Alexandre Jardin . Plutôt que de privilégier le levier institutionnel, d'autres démarches, issues de milieux de l'entreprise, miseront sur les réformes à mener pour déverrouiller l'économie.


Les chefs d'entreprise continuent d'appréhender les effets pervers de nouveaux dispositifs qu'ils estiment contradictoires avec le discours proentreprises de l'exécutif. D'ici à la fin du mois, les décrets sur le compte pénibilité pourraient rallumer leur ire dans certains secteurs de main-d'œuvre. Invitée mardi dernier du Medef, Myriam El Khomri a fait bonne impression en rassurant ses hôtes, mais les patrons redoutent la version qui sortira de la machine administrative. Plus globalement, un autre thème monte, celui des décisions publiques qui entraînent avec le temps de nombreux effets pervers, comme l'a montré la Cour des comptes sur la TVA réduite. Certains patrons et politiques vont chercher à infuser l'idée de recourir à des études d'impact de lois, dont pourrait s'occuper par exemple le Cese.


Les prévisions de l'Insee sur la croissance en 2016 laissent entrevoir une vraie accélération que plusieurs facteurs exogènes (resserrement monétaire de la Fed, prix bas du pétrole) continueraient de soutenir. Le contrecoup économique des attentats de Paris ne devrait pas durer, d'autant qu'il a été peu ressenti en province dans divers secteurs : B&B Hotels , par exemple, n'a pas connu d'inflexion de son activité et les magasins d'enseignes de luxe de la Côte d'Azur ont continué à faire le plein. Pendant les fêtes, l'exécutif aura deux soucis : rester sur le pont dans la lutte antiterroriste, peaufiner et chiffrer les nouvelles mesures pour l'emploi.


Cette semaine, dans la rubrique Tendance

23/09/2023