SNCF : comment elle veut réorienter l'activité de sa branche marchandise
Achats et cessions en vue au sein du groupe SNCF. Celui-ci se prépare à rebattre les cartes entre ses activités marchandise pour devenir un véritable acteur mondial. Un conseil d'administration doit arrêter la stratégie dans le courant de l'automne. Objectif fixé par Guillaume Pepy, PDG de SNCF Mobilités : passer, d'ici à 2020, dans le top 5 mondial, ce qui suppose de doubler de taille et de faire des choix. La branche SNCF Logistics, qui génère 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires, coiffe aujourd'hui quatre pôles d'activités assez disparates. Le premier est constitué par Geodis (8 milliards d'euros de chiffre d'affaires) qui, malgré l'acquisition de l'américain OHL, reste très européen ; le deuxième (un peu plus de 1,5 milliard) est le pôle ferroviaire qui regroupe Fret SNCF engagé dans un redressement au long cours et diverses filiales : Captrain, Naviland, VFLI, Lorry Rail. Elaborée notamment par Alain Picard, DG de la branche, et
Mathias Emmerich, DG délégué à la performance de SNCF Mobilités, le plan consisterait à renforcer ces deux grandes activités. Une ou des acquisitions sont programmées pour faire grossir Geodis. Dans le fret ferroviaire, il s'agit de conforter la place de la SNCF en Europe face au numéro 1, Deutsche Bahn. Une façon aussi de crédibiliser les engagements de l'Etat en faveur d'un transport décarboné. Les pouvoirs publics sont jugés à l'aune de la réussite du groupe. Comment concrétiser ces ambitions ? SNCF Logistics, dont la dette héritée de Fret atteint 4 milliards d'euros, est a priori gêné aux entournures. La vente des deux autres pôles de la branche est donc en débat : Ermewa (location de wagons et de conteneurs), gourmand en capitaux, et STVA, spécialiste du transport automobile, pourraient être cédés. Mais la SNCF espère aussi obtenir de sa tutelle de pouvoir faire de la «bonne dette » en sélectionnant des achats pertinents. z