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Tendance / 07/11/2016

Frustrations

Le verdict de l'élection présidentielle américaine, quel qu'il soit, va rejaillir sur la tendance des marchés boursiers, devenus fébriles avec le retour de l'hypothèse Trump, mais qui pourraient s'offrir une belle respiration si Hillary Clinton l'emporte. Toutefois, son éventuelle victoire ne clarifiera pas la situation outre-Atlantique, entre nouvelle donne au Congrès risquant de limiter ses marges de manœuvre, poursuite de procédures à son encontre et frustrations des électeurs… des deux camps. Les candidats à la présidentielle française ne manqueront pas de tirer les leçons du résultat américain, avec un avantage pour ceux qui définiront une stratégie claire avec le successeur de Barack Obama.


A droite, les choses sont en train de bouger au-delà de la course en tête sondagière des deux favoris. La percée de François Fillon, adepte de solutions globales et systémiques, est passée par là. Alain Juppé pourrait de plus en plus apparaître comme celui qui réunit ceux de droite, du centre et les déçus hollandais, qui souhaitent que le modèle français change le moins possible. Signe révélateur, des patrons partisans de Juppé militent pour qu'il fasse monter des nouvelles têtes qui « cognent ». En tout cas, le modéré Juppé, au lendemain de son éventuelle victoire à la primaire, sera sous pression des sarkozystes et des fillonnistes pour durcir son programme, au risque de voir filer une partie des électeurs de droite vers le FN… et des centristes vers le vote Macron. Dans ce contexte, sur fond de l'« épouvantail Bayrou », les sarkozystes tablent désormais sur une lente remontée de leur champion et sur l'effet du débat décisif de l'entre-deux-tours.


« Il y a actuellement 60 % de chances pour que François Hollande y aille », tranche un hollandais. Le président attend le verdict de la primaire de la droite, puis Emmanuel Macron devrait se déclarer – avant le chef de l'Etat – pour montrer qu'il s'est affranchi de ce dernier. Le président candidat veut épargner au PS la grande explication sur sa future ligne qui serait renvoyée au congrès de l'après-présidentielle. Il pense aussi que le candidat de la droite, quel qu'il soit, décrochera au fil des mois, en raison des contradictions entre ses soutiens, et que le ticket d'entrée, face à Marine Le Pen, des candidats au second tour (celui de la droite, Mélenchon, Macron et Hollande) sera autour de 16 à 20 %. Pour l'heure, Hollande va continuer sa « campagne à la Chirac » à coups de déplacements, de discours mi-défense du bilan, mi-orientations, et d'interviews dans la PQR.


Parmi les élus PS, le traumatisme du fameux livre continue à faire des ravages, y compris chez les députés les plus légitimistes. Beaucoup sont convaincus que ces révélations seront le sparadrap de la campagne du président et pourraient être réactivées par des demandes d'actions en justice. Les élus attendent surtout un vrai signal de l'Elysée et se demandent comment « on pourra encore tenir un mois à attendre ». La base a besoin de viatiques : que certains dossiers soient (bien) traités comme Belfort, Calais ou la place Stalingrad et que des éclaircies apparaissent (emploi, comptes de la Sécu…). Alors que la période du souvenir du Bataclan pourrait, a priori, ramener un peu de retenue dans les écuries présidentielles.


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23/09/2023