Effet de souffle >
S ur les actes! C'est ainsi que les chancelleries européennes jugeront Donald Trump en espérant, au mieux, voir en lui un nouveau Ronald Reagan, au pire, un président « borderline » qui déconstruira des systèmes de relations qui semblaient acquis. Quelques sujets seront particulièrement scrutés, comme l'aide à Israël ou l'engagement des Etats-Unis dans l'Alliance atlantique.
Idem pour ses nominations, comme le projet qu'on lui prête de ne pas conserver à la tête de la Fed Janet Yellen , dont le mandat court jusqu'en février 2018. Trump a demandé à ses amis de la « K Street » de Washington de lui suggérer des noms. Il vise une personnalité du monde académique favorable à une politique monétaire très accommodante, car Trump a besoin de pouvoir financer l'augmentation du déficit budgétaire avec des taux faibles pour respecter ses promesses de réduction de la fiscalité des entreprises et des citoyens.
Chacun prédit que le séisme va rebattre en France les cartes de la course à la présidentielle. Pour les uns, les Français, inquiets du cas Trump, vont prendre leurs distances avec le populisme et se tourner vers des personnalités tempérées. Pour d'autres, Marine Le Pen peut tout espérer. Autre sujet sur lequel les candidats seront attendus : celui des laissés-pour-compte de la mondialisation, alors que les prétendants de la droite martelaient jusqu'ici les performances de l'économie américaine et la chute du chômage outre-Atlantique… Une appréciation qui résonne curieusement à l'heure du triomphe trumpiste. Une fois de plus, Nicolas Sarkozy va chercher à se camper en chef qui saura, demain, parler aussi bien à Trump qu'à Poutine. François Fillon, dont la cote est à la hausse ces derniers jours, risque toutefois de se voir reprocher sa trop forte sympathie envers Moscou, ravi de l'élection de Trump. Il se murmure aussi que lors du débat de jeudi ou au soir des résultats du premier tour de la primaire, Jean-François Copé pourrait de nouveau frapper fort contre Sarkozy. Ce dernier espère que plusieurs candidats écartés du second tour, malgré leur prise de position personnelle, laisseront libres leurs troupes. De son côté, Alain Juppé réfléchit au jour d'après sa possible victoire à la primaire. Il conserverait Laurent Wauquiez à la tête du parti mais changerait plusieurs de ses hauts cadres. Et Wauquiez serait exfiltré pour prendre un grand portefeuille au gouvernement afin de laisser la présidence LR à Eric Woerth ou à Luc Chatel.
De leur côté, les candidats potentiels de la majorité actuelle s'épuisent dans une guerre de positionnement. En dépit d'une accalmie ces derniers jours, les tensions restent vives entre François Hollande et Manuel Valls, ce dernier « cherchant » de plus en plus le chef de l'Etat en marquant sa différence sur des dossiers. L'air de la rupture pour éprouver la résistance de l'autre… Pendant ce temps, Hollande feint de penser que le succès du pragmatique Yannick Jadot à EELV, les désordres au PCF, les rivalités Montebourg-Hamon-Mélenchon, voire la tangente prise par Emmanuel Macron, le remettront au centre du jeu. Mais qui utilisera le meilleur timing pour préempter cette partie entre « maîtres du temps » ? Avec une alternative. Les Français s'emballeront-ils pour des candidats antisystème (Le Pen, Mélenchon, Macron) ou se laisseront-ils séduire par la mécanique des primaires ?