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Tendance / 20/02/2017

Faux plat

En cette période très incertaine de la campagne présidentielle et de possible élimination pour le second tour des candidats de LR et du PS, les conciliabules se multiplient pour tenter de débloquer la situation… ou, côté Macron , pour accentuer l'avantage. Les échanges vont bon train entre Benoît Hamon et ses appuis potentiels en vue d'une candidature de rassemblement. De son côté, Emmanuel Macron discute tous azimuts avec Dominique de Villepin , Jean-Louis Borloo et de grands élus de la droite qui, lassés de l'affaire Fillon , pourraient le moment venu basculer. Des échanges transversaux auraient aussi lieu entre Jean-Louis Borloo, Arnaud Montebourg et Henri Guaino , des chantres de la relance par l'investissement et contempteurs de la potion ultralibérale.

 

Pour plusieurs ministres hollandais, il est encore urgent d'attendre un peu… la tendance des sondages. « On va voir d'ici à début mars où en sera l'écart entre Macron et Hamon », confie l'un d'eux, séduit par le positionnement de Macron, mais moins par son style de com, et qui aimerait qu'Hamon soit juste un peu plus au centre gauche. Des poids lourds du gouvernement mesurent combien l'appui qu'ils donneraient à Macron pourrait être décisif. Les milieux économiques redoutent en tout cas que, quel que soit le gagnant, la France se retrouve ingouvernable. Nul état de grâce pour un Fillon président qui aurait des difficultés à imposer ses réformes. Et une majorité parlementaire fragile pour un Macron élu obligé de négocier.

 

Certains en viennent à regretter l'absence dans la compétition de Nicolas Sarkozy et de François Hollande . « On a affaire à une bataille de numéros deux, de doublures face à Marine Le Pen », peste un cacique LR qui ne cache pas une impression de « seconde classe » avec ce casting. En quittant mardi le pot de fin de mandature des députés PS marqué par l'intervention grave et émue de Bernard Cazeneuve , des élus regrettaient que ce dernier n'y soit pas allé ! A droite, le syndrome du candidat de substitution de François Fillon submerge encore tout. Outre l'hypothèse Bayrou , Jean-Louis Borloo se verrait bien en candidat de rassemblement de la droite et du centre, appuyé par les quadras-quinquas. Il reprendrait le programme de Fillon en accentuant quelques thématiques sociales. Objectif : explorer ainsi jusqu'au bout la possibilité d'une candidature de ce camp, avant un éventuel rapprochement avec Macron.

 

L'incertitude est également de mise outre-Atlantique avec ce ballet de nominations et de départs dans l'équipe de Donald Trump . A l'ambassade de France, on pointe un phénomène de décantation : « Nous aurons eu, au début, les loyalistes de Trump ; d'ici à six mois, nous aurons les techniciens. » Le dialogue entre Trump et la FED se complique, surtout après la démission du gouverneur Daniel Tarullo , « inspirée » par l'administration Trump. En effet, la FED est tenue à l'écart de la préparation du plan de politique fiscale que le Trésor est en train d'articuler. Les hommes de la FED ne sont pas informés du progrès dans la rédaction de ce plan. Trump n'aurait pas encore arrêté son contenu. L'obscurité prévaut aussi concernant la prochaine réunion des sherpas du G7 mi-mars à Baden-Baden. Pour l'instant, lors des premiers échanges préparatoires, les hommes de l'administration Trump ont seulement écouté, sans proposer d'idées.

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23/09/2023