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Tendance / 10/07/2017

Réveil

Les grands oraux de l'exécutif ont fait apparaître des indices d'incompréhension entre le pouvoir et l'opinion publique, attestée par différents sondages. Curieusement, c'est sur le terrain social que l'exécutif semble plutôt à son avantage. L'Elysée veut prioriser la réforme du code du travail en comptant sur la bienveillance des syndicats. Pas question de charger la barque en taillant trop vite et trop fort dans les dépenses publiques, sauf des mesures visant les fonctionnaires. Le pouvoir pense aboutir en offrant des contreparties aux syndicats : préservation des branches pour amadouer FO, promesse d'un nouveau Cese. En coulisses, à l'Elysée comme à la CFDT, on n'exclut pas un coup de chaud à la rentrée, activé par La France insoumise, amenant la CGT à se mobiliser. Dans ce contexte, des macronistes s'interrogent sur le casting gouvernemental : « Outre les incertitudes sur l'avenir de Muriel Pénicaud , Gérald Darmanin se révélera-t-il l'homme du dialogue nécessaire pour supprimer des milliers de postes de fonctionnaires ? »

 

Sur le plan économique, le gouvernement se retrouve dans une position plus fragile, alors que le patronat pointe la trop grande prudence des réformes annoncées. Bruno Le Maire va être confronté au dérapage du déficit, à la grogne des fonctionnaires, à des alertes sur le portefeuille de l'Etat actionnaire du côté d'EDF , de la SNCF ou d'Air France , et à la poursuite des plans sociaux, notamment dans le secteur bancaire. A Bercy, on sait que réduire la dépense exigera du temps, d'autant que l'Etat n'a pas la main sur celles des collectivités locales qui sont prêtes de nouveau à se cabrer en cas de resserrement des aides de l'Etat. L'exécutif, qui commet des écarts par rapport au programme présidentiel (taxe d'habitation), préfère agir sur la dette et disposer de pare-feu économiques : baisse immédiate de l'IS, discours proentreprises pour tirer profit du Brexit, cession de 10 milliards d'euros afin de réduire la dette, de rassurer les investisseurs et de capitaliser le nouveau fonds innovation.

 

Phénomène récurrent des débuts de quinquennat, la course aux postes clés dans l'appareil d'Etat et le secteur public revêt cette fois une vigueur particulière en raison du sentiment de changement d'ère. Des hauts cadres veulent prendre le premier train des nominations importantes, estimant que, dans deux ou trois ans, ce sera plus difficile. D'où l'afflux de candidats pour la RATP , la CDC ou l'ENA ! Multiplication des prétendants, procédures plus transparentes et ouvertes, contrôle des CV : la sélection prend du temps, sans compter les influences de dernière minute. A l'inverse, chez Fnac Darty , la succession d'Alexandre Bompard doit être réglée d'ici au début de la semaine prochaine. On s'oriente, pour une période au moins transitoire, sur le choix d'un président non exécutif reflétant les équilibres entre actionnaires et sur un binôme managérial interne, entre Enrique Martinez , DG Europe du Nord, et Matthieu Malige , directeur financier. Mais ça tangue pour répartir les responsabilités au point que Spencer Stuart aurait été convié à « rationaliser » la décision finale. Il se murmure que le comex penchait pour Malige, alors que Martinez tiendrait la corde pour être le numéro un. Des interrogations demeurent sur l'avenir capitalistique du groupe. Si Artemis devait un jour se désengager, Vivendi pourrait être tenté d'accroître son influence dans un secteur potentiellement complémentaire au sien.

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23/09/2023