Afrique du Sud : les défis de l'après-Zuma
Jacob Zuma, qui a démissionné à l'issue de neuf ans d'exercice, laisse à Cyril Ramaphosa un bilan contrasté. La tâche sera difficile pour le nouveau président, qui a promis de lutter contre la corruption, de reconstruire l'économie et de créer des emplois. Le pays doit effacer le souvenir de dix ans de croissance annuelle à 1,5 %, de chômage très élevé et de services publics défaillants, souligne Lombard Odier. L'héritage de l'apartheid est toujours visible et les inégalités sont criantes. Pour restaurer la crédibilité des pouvoirs publics avant les législatives de 2019 et remettre l'activité sur les rails, Cyril Ramaphosa va devoir résoudre une longue liste de problèmes. La reprise économique dépendra de l'action du nouveau gouvernement sur le front des créations d'emplois, du système éducatif et enfin sur la question de la réforme agraire. Cependant, l'Afrique du Sud est en bonne voie, estime Lombard Odier. Le président a présenté un budget, bien accueilli par le marché, qui vise une stabilisation de la dette publique au-dessous de 60 % à terme. Il prévoit une augmentation de la TVA (une première depuis vingt-cinq ans), une baisse des émissions de dette locale, ainsi que des coupes budgétaires, accompagnées d'une augmentation des dépenses sociales et des investissements dans l'enseignement supérieur. Des domaines cruciaux à l'approche de la révision, en mars 2018, de la note du pays par Moody's.