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Tendance / 11/06/2019

Renaissance

Du nom de la liste portée par Nathalie Loiseau lors du scrutin français pour les élections européennes, mais aussi… du nom du nouveau leitmotiv à droite. En ayant eu à cœur, après avoir divisé la gauche, de contribuer à tuer Les Républicains, Emmanuel Macron a poussé la droite française à opérer en un temps record une profonde introspection – et donc, une remise en question. Ainsi, après le départ « surprise » de Laurent Wauquiez de la tête des Républicains (alors qu'il avait affirmé, dans de nombreuses interviews, qu'il ne renoncerait pas), c'est la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, qui, la semaine dernière, a annoncé son départ des Républicains. Présidente de son mouvement « Libres !», elle souhaite désormais recréer un mouvement à droite. Compatible avec La République en marche ? C'est en tout cas le souhait de la macronie qui, par la voix de son ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, expliquait à nos confrères du Parisien : « Elle est à la tête de la plus grande région de France, on a forcément des choses à faire ensemble, en dehors de tout système partisan et pour l'intérêt général. (...) Puisque son mouvement s'appelle Libres !… eh bien, elle est désormais libre pour nous aider. » C'est également le souhait d'Édouard Philippe, qui compte bien, à force de travail de terrain, voir naître pour les prochaines élections municipales des listes LR/LREM. À droite, on enrage : beaucoup de ténors restés aux Républicains n'ont pas digéré ce départ mais voient cependant une occasion de plus de clarifier la ligne du parti LR à moins d'un an des élections municipales (lire notre page 3).

Si la droite vit l'une de ses plus grosses crises de son histoire récente, il semblerait que La France insoumise ne soit pas en reste : les critiques de la députée Clémentine Autain sur la ligne du parti et, en filigrane, la contestation de la toute-puissance de Jean-Luc Mélenchon et de son idéologie conduit l'extrême gauche à, elle aussi, gérer ses « problèmes de ligne » politiques. Au même moment, la seule personnalité qui, la semaine passée et dans celles à venir, semble vivre la situation de manière plus sereine, est bien Yannick Jadot, leader d'Europe Écologie-Les Verts qui souhaite passer à la vitesse supérieure pour transformer son bon score aux élections européennes en machine à gagner les élections intermédiaires, élections municipales en tête.

Cette recomposition politique, que la droite souhaite voir transformer rapidement en renaissance, ne saurait faire oublier le mariage raté entre le constructeur automobile français Renault et son homologue italien Fiat. C'est assurément un coup dur pour le ministre de l'Économie Bruno Le Maire qui, malgré sa justification d'avoir joué la carte de la prudence, ne fera pas oublier les mots de la direction française de Fiat Chrylser Automobiles, qui dénonçait dans un communiqué cinglant « le climat politique français (…) pas propice à la naissance d'un compromis gagnant pour les deux groupes ».

Si l'opposition est en miettes, la majorité et l'exécutif ne doivent cependant pas oublier leur objectif : la bonne santé politique du pays (en garantissant une offre politique plus large qu'un clivage LREM contre RN) et économique. Sans quoi, les élections intermédiaires (municipales, régionales) risquent d'être plus compliquées que prévu.

Cette semaine, dans la rubrique Tendance

23/09/2023