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Politique / 17/06/2019

Le surprenant état de grâce de la présidence Trump

Situation étonnante autant que paradoxale, Donald Trump, en même temps qu'il suscite chez ses adversaires une aversion toujours croissante, enregistre en cette fin de printemps 2019 les succès retentissants de sa politique économique. Aux yeux de beaucoup, ce qui semblait être de la brutalité est désormais vu comme de l'audace. Parmi les mesures prises par le président américain, la baisse de la pression fiscale avec d'importants crédits d'impôt consentis peut à elle seule expliquer la véritable embellie de l'économie américaine parvenue au plein emploi.

La bonne santé économique américaine, levier puissant de crédibilité politique

Néanmoins, il ne faut pas minorer l'importance de la première mesure spectaculaire imposée par le président américain en matière économique : celle du développement sans restriction de l'exploitation du gaz et du pétrole de schiste. En supprimant toutes les limitations décidées au temps de Barack Obama, Donald Trump a libéré la production de ce pétrole de schiste qui constitue aujourd'hui une ressource financière extraordinairement féconde pour l'économie américaine. Les profits issus de ce pétrole, exporté dans le monde entier – y compris en France –, sont en train de provoquer aux États-Unis un boum économique que certains vont jusqu'à comparer à celui que le pays a connu dans les années 1950 ! Premiers bénéficiaires de cette situation, les appuis de Donald Trump qui engrangent des profits qu'avait limité la pression des lobbys éco-logiques sur l'administration Obama, qui y avait cédé au terme de sa mandature. Aujourd'hui, le locataire de la Maison-Blanche peut jouer sur les effets d'aubaine créés par la conjonction de ses actions macro-économiques et attendre avec confiance des développements encore plus favorables.

Benyamin Netanyahou, nouvel allié historique de Donald Trump

Et il n'y a pas qu'au plan économique que Donald Trump se renforce, mais également sur le terrain géopolitique. Singulièrement au Proche-Orient. Aujourd'hui, la politique israélienne est parfaitement accordée avec les buts que cherche à atteindre le président américain dans la région. En effet, les Israéliens sont d'ores et déjà décidés à soutenir une politique d'ouverture au parti Shas, dont la politique pro-arabe et de compromis à Jérusalem est bien connue.

De plus, l'État hébreu se prépare à entamer avec l'Arabie saoudite une négociation directe dans le but d'aboutir à un début de reconnaissance et en tout cas à un compromis historique Mais pour le président américain, l'horizon n'est pas complètement dégagé. Le conflit commercial avec la Chine est lourd de menaces. En effet, pour rompre l'isolement économique et politique que l'Empire du milieu subit actuellement de la part de l'administration Trump, Xi Jinping a lancé une grande contre-offensive cherchant d'un côté des alliés en Europe et en imposant, de l'autre, des restrictions aux importations américaines. Mais pour l'instant, la stratégie chinoise ne semble pas encore en mesure de fragiliser les positions américaines et de menacer son principal instigateur, Donald Trump lui-même. Cela étant dit, à la Maison-Blanche, on sait bien qu'une guerre commerciale totale avec le géant chinois serait extêmement aléatoire. Il s'agit donc avant tout de « montrer ses muscles

Parce que sa position n'a sans doute jamais été aussi forte, n'est-il pas temps, pour Donald Trump et les États-Unis, d'initier une politique de compromis avec leurs adversaires ?

Aujourd'hui, avec des résultats macro-économiques favorables, les effets combinés du soutien israélien et de la faiblesse relative de la riposte chinoise dans sa guerre commerciale avec les États-Unis, Donald Trump peut légitimement estimé que sa position n'a jamais été aussi forte. Le moment n'est-il pas venu – comme l'y pousse sa fille et son gendre – de s'engager dans une politique plus active de compromis avec ses oppositions nationales et internationales ? Jusqu'ici, l'homme ne nous a guère habitués à une telle prudence, qui aurait pourtant la vertu d'éloigner les tempêtes, au moins à court ou moyen terme. Quant au long terme… Cela ne semble pas être la préoccupation du président américain, qui peut faire sien le célèbre aphorisme de l'éminent économiste anglais John Maynard Keynes : « In the long run, we are all dead! »

Cette semaine, dans la rubrique Politique