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Politique / 01/07/2019

L'AVENIR INCERTAIN DE JEAN-LUC MELENCHON

« La période est mauvaise. On le sait tous. Mais personne n'ose vraiment lui en parler ouvertement. À la rentrée, va s'ouvrir le temps des décisions. » Ce cadre de La France insoumise, qui se confie, un peu dépité, à La Lettre, est conscient, tout comme dans l'ensemble du parti, de l'avenir plus qu'incertain du leader Jean-Luc Mélenchon, déjà par le passé deux fois candidat à l'élection présidentielle. La dernière actualité du parlementaire – être jugé en correctionnelle pour « actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire, rébellion et provocation » lors de la tentative de perquisition au siège de la France insoumise au mois d'octobre dernier – laisse les autres potentiels leaders du mouvement circonspects. Dans cette ambiance morose, le député François Ruffin compte bien ne pas rester muet. Au point de franchir une ligne rouge ? Celui à qui on prête des ambitions électorales importantes en contournant Jean-Luc Mélenchon a fait des déclarations qui contredisent la ligne officielle du parti dans un entretien au Point : « En 2022, il n'est pas évident que notre fa-mille politique doive absolument présenter un candidat (…) Les choses ont changé : LFI n'est plus hégémonique à gauche. Si une autre candidature semble meilleure pour défendre le progrès social, il faudra peut-être s'y rallier. » L'élu de la Somme, qui a bien compris les rouages du système médiatique, rejoint dans cette fronde anti-Mélenchon Clémentine Autain, qui a pris ses distances avec La France insoumise. La parlementaire s'est d'ailleurs publiquement étonnée que le député Adrien Quatennens ait été nommé numéro deux du parti, lui le proche de Mélenchon. Pour contrecarrer d'autres ambitions électorales au sein de son propre parti ? Pour le moment, difficile de le dire. « Mais ces tensions n'augurent rien de bon », explique une petite main de La France insoumise, dont le parti, rongé par une guerre d'ego, de ligne et de stratégie, apparaît de plus en plus divisé à l'approche des élections municipales, régionales, puis présidentielles. Même si d'ici 2022, la gauche de la gauche et la gauche sociale-démocrate ont le temps de se recomposer.

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