Bataille
Il n'aura pas fallu attendre longtemps avant que cette rentrée n'apparaisse comme celle de toutes les batailles. Médiatique, d'abord, avec la mère de la bataille municipale : la ville de Paris.La dissidence de Cédric Villani,qui a maintenu sa candidature(lire notre page 3 sur le décryptage de ses équipes et de son premier cercle), estune sérieuse épine dans le pied du candidat « officiel »investi par La République en marche, en la personne de l'ancien ministreBenjamin Griveaux. Soutenu du bout des lèvres par l'Élysée, le candidat Griveaux semblebien à la peine pour faire passer ses idées(à chaque intervention dans les médias, il doit expliciter à nouveau son positionnement par rapport à son concurrent Villani) et pour faire oublier les révélations de nos confrères duPointsur ses propos « off » concernant certains membres d'En marche (dont son soutien surprise, l'ancien secrétaire d'État Mounir Mahjoubi). Ce très mauvais début de campagne commence à sérieusement irriter l'Élysée qui, pour le moment, constate qu'Anne Hidalgo est toujours en bonne place pour conserver la mairie de Paris.
L'Élysée, pourtant, n'a pas trop le temps de s'occuper de la querelle qui oppose les deux « marcheurs », et va livrer une autre bataille en cette rentrée : celle des réformes (loi sur la bioéthique, réforme des retraites…) et celle que les syndicats entendent mener dans la rue. D'ores et des déjà, de nombreux mouvements de grève sont annoncés : pêle-mêle, le 11 septembre prochain, la CGT organise une journée d'action nationale pour alerter sur le conflit dans les urgences hospitalières qui dure depuis des mois ; le 16 septembre, avocats, médecins et pilotes manifesteront pour leur complémentaire retraite ; les fonctionnaires de Bercy, eux, seront en grève le 16 septembre pour protester contre la suppression prévue de 5 800 postes ; sans parler des autres actions syndicales prévues fin septembre ou encore la journée de grève contre le projet de réorganisation d'EDF, dit projet « Hercule »… Autant de blocages qui risquent de ternir sur le moyen, voire le long terme, les actions gouvernementales.
La majorité parlementaire aura également beaucoup à faire, au regard du nombre de sujets sensibles qu'ils auront à aborder. « Il va falloir manœuvrer habilement », confie un parlementaire En marche, bien en vue au Château, qui concède qu'« il ne faut pas négliger les mouvements de colère des syndicats et des Français ».
Mais le gouvernement continue également à mener les batailles économiques. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a d'ailleurs innové ces derniers jours en proposant la création d'une monnaie digitale émise par les banques centrales, sorte de monnaie numérique publique pour contrecarrer le lancement par Facebook de sa crypto-monnaie Libra. Les États et les banques centrales regardant d'un œil très méfiant l'initiative du géant Facebook, réagissent à raison. L'initiative d'une création de monnaie digitale par les banques centrales a déjà été saluée par de nombreuses personnalités, dont Christine Lagarde lors de son audition par le Parlement européen.
Autant d'initiatives, politiques comme économiques, qui pourront permettre au gouvernement de ne pas se laisser déborder, ou dépasser par les événements.