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Politique / 29/06/2020

CETTE VAGUE VERTE QUI BOUSCULE LE

C'est l'événement politique qui a marqué la soirée électorale d'hier : outre les victoires ou réélections attendues (Anne Hidalgo à Paris par exemple, malgré une très forte abstention à Paris), la poussée écologiste a pris, par son ampleur, tout le monde de court. Ainsi, à Lyon, la page Collomb a été brutalement tournée avec l'élection du candidat d'Europe Écologie-Les Verts Grégory Doucet (plus de 52 % des suffrages) face au poulain de Gérard Collomb, le candidat Yann Cucherat, qui n'a pas passé la barre des 30 % des votes. EELV se paye même le luxe d'une double victoire (et, pour Gérard Collomb, d'un double pari raté) : le candidat écologiste Bruno Bernard a revendiqué dimanche sa victoire à la métropole de Lyon. Autre surprise et autre choc, à Bordeaux, ville à droite depuis… soixante-treize ans, mais qui a choisi de mettre à sa tête Pierre Hurmic, qui a proclamé sa victoire face à Nicolas Florian (LR). À noter que dans la ville, l'ancien candidat à l'élection présidentielle pour le Nouveau Parti anticapitaliste Philippe Poutou, qui s'était maintenu, devient conseiller municipal. C'était la première fois depuis la Libération que les Bordelais votaient pour un second tour à des élections municipales. La ville n'a connu que deux maires, de droite, depuis 1947 : Jacques Chaban-Delmas, puis Alain Juppé à partir de 1995. Beaucoup d'autres grandes et moyennes villes sont tombées dans l'escarcelle des écologistes d'EELV : Tours, Poitiers, mais aussi Besançon, Annecy, Strasbourg, Laval… À Grenoble, le maire sortant écolo Éric Piolle a largement été réélu. Et c'est sans compter avec les villes où le PS gagne grâce notamment à une alliance écologiste, comme c'est le cas à Rennes ou Nantes, par exemple. Une véritable vague verte, qu'il faut néanmoins relativiser en raison de l'abstention record lors de ce second tour des élections municipales. Ce qui n'a pas empêché dès hier les différents ministres invités sur les plateaux de télévision à affirmer opportunément que la préoccupation écologique devait être une priorité de l'« acte III » du quinquennat du chef de l'État. Du Château, ce dernier n'a pu que déplorer la débâcle d'En marche lors de ce scrutin, et constater que tous les choix du parti présidentiel dans les grandes métropoles ou les villes moyennes ont tourné au fiasco.
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