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Business / Activisme actionnarial / 25/01/2021

Emmanuel Faber et l'affaire « bluebell »

On connaissait l'histoire de la lettre volée d'Edgar Poe, si bien traduite par Baudelaire. Le mystère de la semaine est celui de la lettre écrite à la mi-novembre 2020 par le petit fonds activiste Bluebell, « campanule en français ». Un fonds doté de moins de 100 millions d'euros et dirigé par Francesco Trapani, l'ancien patron du joaillier Bulgari. Cette lettre demandait un changement de gouvernance avec un mode dual, le départ d'Emmanuel Faber et critiquait fortement l'achat de WhiteWave, spécialiste américain des produits bio et végétaux, en 2016 pour 12,5 milliards de dollars.

Tout cela n'est ni grave ni surprenant. D'autant qu'aussitôt après avoir reçu cette lettre, Emmanuel Faber a reçu à Paris les dirigeants du fonds – qui n'ont pas franchi de seuil symbolique – pour une explication courtoise. Ensuite, le patron de Danone a annoncé des changements dans la gouvernance avec l'arrivée de Gilles Schnepp au board, et un rôle de vice-chairman pour la directrice financière partante Cécile Cabanis. La question est donc de savoir qui a ressorti cette lettre subitement deux mois après son envoi ? Est-ce un membre du conseil qui veut fragiliser Emmanuel Faber ? Est-ce un ancien cadre de Danone ? Le pire est cette ambiance de « corbeau » qui plane désormais sur le numéro un de l'alimentation. Et même si Danone reste une « cathédrale ». Car si un yaourt n'est pas stratégique, un shampooing non plus, Danone et L'Oréal, eux, sont stratégiques pour la France.

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