Sujet très sensible >
Si les banques d'investissement et de marché ont tiré leur épingle du jeu l'an passé, les fruits sont bien maigres pour les employés qui ont gardé la cadence en pleine pandémie, souvent en télétravail. Les chiffres des banques sur les émoluments de leurs employés sont rares, mais laissent perplexes. Chez Goldman Sachs par exemple, le revenu par employé a bondi de 15 % en 2020, mais l'augmentation de salaire n'a été que de 2 %. Même constat chez JP Morgan, où chaque banquier a rapporté 22 % de plus, mais a vu sa rémunération progresser de 1 %. Les grandes banques de Wall Street sont préoccupées par les risques que leur font courir leurs milliards de prêts non performants et priorisent les coupes dans les coûts. Mais doivent aussi s'assurer de ne pas assister à un exode massif de leurs talents.
La variable d'ajustement ? Les bonus. Les banques ont choisi de soutenir les employés en bas de l'échelle : chez Bank of America, les salariés payés 100 000 dollars ou moins recevront un bonus en cash de 750 dollars chacun. Entre 100 000 et 500 000 dollars, ils se verront alloués entre 250 et 750 titres, dont la vente est restreinte. Chez Morgan Stanley, un bonus de 1 000 dollars a été décidé pour la plupart des employés gagnant moins de 150 000 dollars par an. Côté marchés, JP Morgan, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont toutes trois bénéficié à plein de la hausse de 25 % des revenus de la banque d'investissement en 2020, et ont récompensé leurs éléments. La hausse pourrait atteindre 20 % chez JP Morgan. Mais les banques devront aussi faire très attention à leur image publique sur ces sujets, alors que des millions d'Américains ont perdu leur emploi en 2020.