Prudence sur le dollar >
L'euro a inscrit un plus haut de deux mois face au dollar dans la nuit de mercredi à jeudi, le billet vert étant en légère baisse à la suite du communiqué et du discours plutôt « dovish » de la Fed et de Jerome Powell concernant les perspectives d'inflation. En effet, bien que le communiqué du FOMC ait relevé que « les indicateurs de l'activité économique et de l'emploi se sont renforcés, […] », mais que « la réouverture synchronisée au niveau mondial devrait entraîner une pression à la hausse sur les prix, augmentations de prix temporaires et ponctuelles qui ne constituent pas un processus inflationniste ». Face à ces commentaires, les anticipations des investisseurs en matière de normalisation de la politique monétaire ont diminué. La probabilité d'au moins une hausse des taux d'ici à la fin de l'année est passée de 15 % à 14 %. La Fed devrait maintenir sa politique monétaire inchangée jusqu'à la fin de l'année, commencer à réduire ses achats d'actifs à partir de 2022, puis commencer à relever ses taux au plus tôt en 2023, lorsque le marché de l'emploi aura pleinement retrouvé son niveau d'avant-crise et que les incertitudes seront plus faibles.
Côté analyse technique, l'euro face au dollar a dépassé son oblique baissière qui passait par les sommets de janvier et février. Un signal mettant en théorie fin au repli constaté depuis le début de l'année. De fait, l'euro pourrait poursuivre sa hausse jusqu'à rejoindre son plus haut de l'année à 1,2350 dollar, puis éventuellement de nouveaux plus hauts. Les perspectives haussières seraient invalidées en cas de repli sous le plus bas de la veille à 1,2050 dollar.
Les prochains catalyseurs seront désormais les premières estimations des PIB des États-Unis et de la zone euro attendues cette après-midi et demain. Le consensus table sur une croissance de 6,1 % des États-Unis sur un rythme annualisé, tandis que les modèles de la Fed de New York et de la Fed d'Atlanta tablent sur une croissance de 6,9 % et 7,9 %.