Pourquoi Biden déclare la guerre technologique à l'« empire Chinois » >
Alors que depuis son investiture Joe Biden a bien du mal à rallier le vote républicain du Congrès – comme on a pu le voir sur l'examen du plan de relance – il a fait voter, mardi dernier, dans une très belle unanimité, au Sénat, un projet de loi de 250 milliards de dollars conçu pour permettre à l'Amérique de rivaliser avec la Chine dans la bataille des superpuissances rivales pour la domination économique et technologique. Joe Biden n'a pas gâché son plaisir en commentant ce vote par ces mots : « Nous sommes dans une compétition pour gagner le XXIe siècle et le coup d'envoi a sonné. » Avant d'ajouter : « Ce projet de loi sera considéré comme l'une des choses les plus importantes que cette chambre ait votée depuis très longtemps. Car celui qui remportera la course aux technologies du futur sera le leader économique mondial, avec des conséquences profondes pour la politique étrangère et la sécurité nationale également. »
L'arme commerciale ne suffit plus avec la ChineBien sûr, les Américains ne découvrent pas aujourd'hui la menace que représente pour eux, comme pour le monde libre, l'expansion tous azimuts de « l'Empire du Milieu ». Bien sûr, pendant ses quatre années de mandat, Donald Trump n'a eu, comme presque seule obsession, de relocaliser des entreprises américaines installées en Chine et de taxer fortement les importations venant de ce territoire. Bien sûr, pendant toute la campagne présidentielle, Joe Biden s'est bien gardé d'attaquer le bilan de son concurrent dans ce domaine. Mais le nouveau président américain, conseillé en cela par Antony Blinken, son secrétaire d'État, a compris que si c'était nécessaire de se battre commercialement contre la Chine, ce n'était pas suffisant. Et que la seconde étape de ce conflit « sans arme » était de la dominer sur le plan technologique.
La domination mondiale des États-Unis est en train d'être contestée par des concurrents étrangers, dont certains volent la propriété intellectuelle et les secrets commerciaux.
De fait, l'exposé des motifs du texte voté par le Sénat indique que la domination mondiale des États-Unis est « en train d'être érodée et contestée par des concurrents étrangers, dont certains volent la propriété intellectuelle et les secrets commerciaux des États-Unis et investissent agressivement dans la recherche et la commercialisation pour dominer les principaux domaines technologiques existants et futurs ». Avant d'ajouter : « Sans une augmentation significative des investissements dans la recherche, l'éducation, le transfert de technologie, la propriété intellectuelle, la fabrication et d'autres atouts essentiels de l'écosystème d'innovation des États-Unis, ce n'est qu'une question de temps avant que les concurrents mondiaux des États-Unis ne dépassent les États-Unis en termes de primauté technologique. »
Propagande antichinoise sur le virusDe manière à convaincre les sénateurs républicains récalcitrants, une opération de propagande américaine, qui a également touché l'Europe, a démontré, au cours des dernières semaines, que le virus de la Covid-19 n'avait rien à voir avec un pangolin qui aurait rencontré une chauve-souris. Mais qu'il avait bien été fabriqué dans le laboratoire P4 de Wuhan. Un laboratoire qui travaille de longue date sur toutes les formes de coronavirus.
La CIA n'a pas établi précisément de quelle manière le virus s'était échappé du laboratoire. Et si cela était lié à un geste volontaire ou à une maladresse. Ce qui est certain, c'est que ce virus dont tous les scientifiques reconnaissent qu'il est « très intelligent » dans sa manière d'attaquer les points faibles des individus et de fabriquer des variants, a bien été fabriqué de toutes pièces par les experts chinois. Ce que l'OMS n'a pu démontrer faute d'avoir eu accès à toutes les données de ce laboratoire.
Prêt à tout pour ne pas perdre sa place de leaderSi Donald Trump ne pensait que la Chine n'était qu'un danger commercial et industriel, Joe Biden, qui est mieux entouré, sait que Xi Jinping veut faire de son pays la première puissance mondiale. Sur le plan économique, mais aussi militaire et « colonial » avec son projet des « routes de la soie » qui vise à créer un lien de dépendance avec 3 milliards d'individus sur la planète, en plus des chinois. Soit plus de la moitié des habitants.
L'historien Graham Allison a publié, l'an passé, un livre qui a réveillé les Américains, Le piège de Thucydide, dans lequel il montre seize cas historiques, depuis la rivalité Athènes versus Sparte où l'empire dominant est prêt à tout pour ne pas perdre sa place de leader. Avec ce texte de loi essentiel, l'Amérique de Biden montre qu'elle ne se laissera pas dominer pas la Chine, ni sur le plan commercial, ni sur le plan militaire et spatial, ni sur celui des technologies de demain. À l'Europe maintenant, d'agir de la même manière.