Airbus et l'avion cryogénique >
L'hydrogène pourrait-il être l'avenir de l'aviation zéro émission ? Airbus le croit, mais il y a plusieurs défis sur le chemin du lancement de l'avion ZEROe, tel qu'on le qualifie chez l'avionneur européen. L'un d'eux est le fait que l'hydrogène liquide final doit être stocké à - 250 °C, c'est pourquoi le réservoir devient un composant critique, à la base de la révolution industrielle qui s'impose au groupe.
Ce sera le rôle des futurs centres de développement zéro émission d'Airbus de fabriquer ces très précieux réservoirs cryogéniques pour un cycle de production d'hydrogène rentable. L'un sera installé sur le site d'Airbus à Brême et l'autre sur le site de Nantes, en France. Les deux devraient être opérationnels d'ici à 2023.
Un autre défi important est le fait que l'hydrogène vert est encore trop cher à fabriquer. Selon Airbus, moins de 1 % du total de l'hydrogène actuellement produit est vert. Mais la bonne nouvelle est que les choses évoluent rapidement et que les nouvelles technologies rendent cette alternative verte plus accessible. Si les investissements dans les électrolyseurs (la technologie verte qui peut séparer les atomes d'hydrogène et d'oxygène dans l'eau) se poursuivent au même rythme, le taux de production d'hydrogène vert pourrait devenir 50 fois supérieur à ce qu'il est actuellement, en seulement six ans. Au moment où l'avion ZEROe devrait arriver sur le marché, Airbus s'attend donc à n'utiliser que de l'hydrogène vert, produit dans les aéroports, pour l'alimenter. Pour cela il faut compter un délai de dix ans environ.