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Business / 26/07/2021

Du 24 au 26 août prochain : Le Medef place sa rentrée sous le signe de la liberté et de la francophonie

À la fin de cette semaine, marquée par de très nombreuses publications de résultats semestriels, le monde du business va s'éloigner de Paris et des grandes métropoles. Tout en gardant, bien sûr, un œil sur l'évolution de la quatrième vague de l'épidémie, sur la hausse du coût des matières premières, sur le niveau toujours trop élevé des marchés financiers et sur quelques grandes manœuvres de fonds activistes anglo-saxons à l'égard de sociétés en panne de stratégie ou de création de valeur.

Cette pause estivale prendra fin officiellement le 24 août avec le début de la Rencontre des entrepreneurs de France – nom donné aux anciennes Universités d'été du Medef – qui se déroulera jusqu'au jeudi 26 août à l'hippodrome de Longchamp. Au moment même où le gouvernement fera lui aussi sa rentrée, lors du conseil des ministres du 25 août, quelques heures avant les commémorations de la libération de Paris.

Cette année Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, a souhaité qu'il y ait deux rencontres des entrepreneurs en même temps. D'une part la première consacrée à tous les entrepreneurs francophones, qui débutera le 24 août à la mi-journée. Il s'agit d'une grande première à laquelle le président de la République a accordé son haut patronage, visant à faire prendre conscience aux entrepreneurs français que si les Britanniques ont la chance de pouvoir commercer à l'intérieur du Commonwealth, les patrons hexagonaux ne sont pas en reste avec l'ensemble des pays francophones.

Les politiques vont se bousculer aux Rencontres des entrepreneurs de France qui marqueront le vrai début de l'année électorale

Créer une sorte de Commonwealth de la francophonie

Ceux-ci représentent aujourd'hui 16 % du PIB mondial, avec un taux de croissance moyen de 7 % (avant la pandémie). Dans la pratique, deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65 % plus que s'ils n'en avaient pas. C'est pour cette raison que cette Rencontre des entrepreneurs francophones tentera de répondre aux questions suivantes : Comment construire une action plus efficace autour de la francophonie économique ? Quels sont les secteurs clés où une coopération prioritaire est possible ? Comment mieux valoriser les économies francophones ? Ouvriront « cette grande première » plusieurs chefs d'État ou de gouvernement de pays francophones du président de Madagascar au dirigeant tunisien et du Premier ministre de la Côte-d'Ivoire au canadien Justin Trudeau.

L'après-midi du 24 août et la matinée du 25 août seront émaillées de Tables rondes entre représentants des entreprises de pays francophones et de rencontres en « one-to-one » entre les nombreux patrons d'entreprises françaises et leurs homologues francophones. Afin de créer un premier contact. Et de répondre à la question : « Comment l'espace francophone peut-il s'organiser pour appréhender au mieux la reprise économique ? » Car après les périodes de confinement et dans un contexte de reprise économique pour de nombreux pays francophones, les besoins de financement sont en forte hausse : la Banque mondiale anticipe une croissance de 4 % en 2021. Les acteurs du secteur financier doivent répondre à cette de-mande de court terme et à de nombreux défis structurels comme la digitalisation du secteur bancaire, le verdissement des financements ou la conformité.

Le patronat à l'avant-garde des libertés

Après ces deux demi-journées consacrées aux potentiels de la francophonie économique, retour à la traditionnelle Rencontre des entrepreneurs de France sur le thème de la liberté et avec comme slogan « À l'air libre ». Dans un contexte où la crise sanitaire et la montée en puissance de nations « illibérales » font peser des menaces sur des libertés fondamentales : liberté d'expression, liberté d'entreprendre, liberté de commercer, liberté de circuler, liberté de répondre à des appels d'offres, liberté de financer tel ou tel projet, il n'est pas superflu de s'aérer et d'écouter aussi celles et ceux qui inventent, disruptent et font avancer le monde en bâtissant des ponts plutôt qu'en dressant des murs.

C'est le très libéral Thierry Breton qui devrait ouvrir cette deuxième partie de la REF 2021 par une « keynote spéciale » qui sera sans nul doute très suivie, d'autant plus que l'Europe est en grande partie garante de nos libertés. Ce temps fort sera suivi d'un débat qui s'annonce passionnant sur l'éthique du business où interviendront Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies et l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine. Mais il y aura également un public très nombreux à une table-ronde intitulée : Vivre libre ou mourir : est-on condamné à choisir son sacrifice ? Olivier Ginon, président de GL Event, Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l'hôpital Saint-Louis et Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, tout juste remonté de son Cantal natal, reviendront sur ce grand enfermement qui a été engendré par la pandémie. Confinements, restrictions, interdits, fermetures… Si la santé n'a pas de prix, elle a aussi des coûts humain, moral, social et elle a accentué un clivage générationnel. D'où la question à laquelle ils essaieront de répondre : comment concilier l'inconciliable ?

Deux personnalités – parmi les très nombreuses invitées – concluront ces rencontres des entrepreneurs de France en essayant de répondre à cette question majeure : Quel est le coût de notre liberté ? D'abord ce sera Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie qui se livrera seul à cet exercice lors d'une keynote spéciale. Ensuite ce sera le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici qui tentera de répondre à la question de la rentrée économique : quoi qu'il en coûte, interventions publiques tous azimuts, dette géante, nationalisations, contrôle des acquisitions pour sauver l'économie, l'État a été là pour sauver l'économie. Quel sera son rôle une fois la crise passée ? Nul doute que l'assistance sera très nombreuse pour cette rentrée économique dans le cadre de Longchamp.

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