Alstom-Bombardier : les difficultés commencent >
Selon nos informations, l'intégration de Bombardier Transport, acquis par Alstom pour la somme de 5,5 milliards d'euros, faute d'avoir pu se marier avec Siemens, se passe non sans d'importantes difficultés. Pourtant, le nouvel ensemble paraissait prometteur avec une position de deuxième constructeur ferroviaire au monde après CRRC, un chiffre d'affaires combiné pro forma d'environ 15,7 milliards d'euros et surtout un carnet de commandes combiné de 71,1 milliards d'euros.
Lors de la publication des bans, il était convenu que le siège social américain d'Alstom serait basé à Montréal et que le nouvel ensemble chercherait à générer 400 millions d'euros de synergies de coûts sur une base annuelle d'ici à la quatrième ou la cinquième année.
Lors de la dernière assemblée d'Alstom, qui s'est tenue au milieu de l'été, Henri Poupart-Lafarge a reconnu que l'intégration du Canadien présente plus d'efforts que prévu, avec comme principale priorité de stabiliser le carnet de commandes de Bombardier. À cela s'ajoute la complexité de construire un portefeuille de produits communs. C'est ce qui justifie qu'au sein du nouvel ensemble un comité vient d'être mis en place pour tenter de mieux gérer l'intégration et d'aplanir les difficultés relationnelles entre Canadiens et Français.
Ce comité est présidé par Frank Mastiaux. Administrateur indépendant, ce dernier est le directeur général d'EnBW, le troisième plus grand fournisseur d'énergie d'Allemagne. Il va notamment superviser le processus de cessions d'actifs demandées par Bruxelles qui s'annonce long et complexe à réaliser, notamment car il implique l'accord des clients. Pour l'heure, chez Alstom on table sur deux années de travail pour parvenir à intégrer Bombardier. Mais rien n'est moins sûr.