Atos sous haute surveillance des pouvoirs publics >
Comme votre Lettre du 30 août dernier vous l'expliquait, le sort d'Atos est l'un des principaux sujets industriels et financiers pour les pouvoirs publics et pour la place de Paris. L'action du groupe de services informatiques a perdu 40 % de sa valeur depuis le début de l'année, notamment en raison d'un problème comptable survenu au sein de la filiale américaine. Et l'action pourrait de nouveau chuter, à cause des positions vendeuses prises par de nombreux fonds activistes anglo-saxons, qui ont pour objectif de cours le niveau de 20 euros (contre 45 euros actuellement).
Selon nos informations, ordre a été donné à Bercy de suivre de près l'évolution du capital. D'abord, parce que la situation actuelle est le fruit d'années de gestion, lorsque Thierry Breton, nommé Commissaire européen par Emmanuel Macron, était le patron de ce groupe, avec l'obsession de maintenir le cours de l'action au niveau le plus élevé. Ensuite, parce qu'en raison de certaines de ses activités liées à la cyber-sécurité, Atos est une entreprise qui doit rester française. Capgemini ne s'est pas montré intéressé. En revanche, l'entreprise Sopra Steria regarde la situation d'Atos dans l'optique d'un rapprochement, tandis que Thales ne reste pas indifférent. Pour l'heure, chacun se positionne. En attendant un dénouement et, plus sûrement, un profond remaniement du management qui a perdu toute crédibilité auprès des marchés.