François Bayrou, apôtre du nucléaire >
Dans une note intitulée « Électricité : le devoir de lucidité », le nouveau Commissaire au Plan a pris ouvertement la défense du nucléaire. Dans un premier temps il rappelle l'enjeu du débat actuel : « Augmentation massive de la consommation d'un côté, diminution massive de nos capacités de production de l'autre, le simple rapprochement de ces deux orientations montre qu'il existe un gouffre entre l'évolution annoncée de notre consommation électrique et celle de notre production. Il est inéluctable que nous allons droit à des difficultés considérables et même à une impasse, nous empêchant techniquement de remplir en même temps les objectifs que nous prétendons solennellement avoir fixés !
Seuls des processus de production de ces cellules à base d'électricité décarbonée (donc essentiellement nucléaire) pourraient conduire à un bilan carbone favorable à l'usage de ces cellules. Il apparaît donc en réalité, que sous couvert de promesses optimistes, nous nous dirigeons vers un certain nombre d'impasses extrêmement préoccupantes pour l'avenir. Il y a d'autant plus urgence à engager un débat éclairé que 49 réac teurs, sur les 56 en fonctionnement actuellement, ont été mis en service il y a trente ans ou plus, que l'estimation de leur durée de vie moyenne est de l'ordre de quarante-cinq ans et qu'il faut au moins dix ans pour terminer une nouvelle installation électronucléaire à partir de la décision de la construire. Ainsi, le maintien de la capacité de notre parc nucléaire appellerait le lancement de deux nouveaux chantiers par an chaque année sur une période de vingt années. »