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Business / Plan de Relance / 15/11/2021

Le très mauvais coup porté par l'État à Saint-Gobain

Dans le cadre du Plan de relance – bâti autour de la notion de souveraineté industrielle – les équipes de Bruno Le Maire ont décidé d'accorder une subvention de 40 millions d'euros à l'usine française du groupe indien Electrosteel, qui fabrique des tuyaux comparables à ceux que Pont-à-Mousson produit dans l'un de ses derniers hauts-fourneaux de l'est de la France. Non seulement le groupe indien mène dans le monde entier une politique de dumping qui nuit à Pont-à-Mousson, non seulement la filiale de Saint-Gobain n'a pas le droit d'exporter ses produits en Inde, d'où une absence incroyable de réciprocité, mais, en plus, l'argent du plan de relance va bénéficier à l'usine d'Arles du concurrent indien de la firme française. C'est à se demander comment sont attribuées les dotations du Plan de relance. D'autant plus que le même Bruno Le Maire, dont dépendent ces soutiens à l'industrie, a fait comprendre à Saint-Gobain, il y a deux ans, qu'il était hors de question de céder Pont-à-Mousson, filiale dont l'activité est très difficile en France. Sensibilisés par les syndicats de l'entreprise française, les élus de Lorraine, dont le président de Région Jean Rottner et le sénateur Olivier Jacquin, ont écrit à Jean Castex afin de lui demander des explications. Le chef du gouvernement a demandé à la ministre Agnès Pannier-Runacher de recevoir Benoît Bazin, le directeur général de Saint-Gobain, qui avait lui-même pris sa plume pour sensibiliser Bruno Le Maire. Mais pour l'instant, au sein des pouvoirs publics, personne ne s'étonne de ce cadeau fait à un concurrent indien et personne n'a entamé les procédures afin de bloquer cette subvention.

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