Le dilemme du Conseil d'État >
Le principal problème lié à la nomination d'un nouveau vice-président du Conseil d'État tient à ce qu'une règle non écrite veuille que l'heureux élu devienne inamovible, au nom de l'indépendance de cette plus haute juridiction administrative, gardienne de l'État de droit. C'est ainsi que Jean-Marc Sauvé a pu rester douze années à la tête du Conseil d'État. Une situation qu'Emmanuel Macron ne voudrait pas répéter en nommant une personnalité trop jeune.
Le pouvoir rechercherait actuellement une sorte de « pape de transition » qui puisse rester deux ou trois ans à la tête de cette prestigieuse institution.
Sylvie Hubac, qui est née le 7 mars 1956, et qui pourrait légalement rester en poste jusqu'au 6 mars 2024 serait, dans ce cas de figure, un choix possible. Emmanuel Macron la connaît bien, puisqu'elle a été directrice du cabinet de François Hollande, lorsqu'il était secrétaire général adjoint de l'Élysée. Même cas de figure pour Catherine Bergeal née le 10 février 1956, actuellement présidente adjointe de la section de l'administration du Conseil d'État, par ailleurs membre de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts. Enfin, le chef de l'État, qui apprécie beaucoup Bruno Lasserre, et qui a eu du mal à signer son décret de mise à la retraite, s'entretient régulièrement avec lui du choix de son successeur. Dans ce cas, il faut s'attendre à une nomination très classique d'une grande figure du Palais-Royal. Mais il ne faut jamais oublier qu'en matière de nomination, le président de la République aime toujours surprendre.