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Business / Équipement automobile / 29/11/2021

Pourquoi le fonds Elliott s'attaque à Faurecia via Hella

Il y a quelques jours, le fonds Elliott de Paul Singer, l'un des principaux fonds activistes de la planète, a annoncé depuis Londres avoir acquis une participation de 6,6 % dans la société allemande Hella, soit un investissement de 6,6 milliards d'euros. Or ce spécialiste de l'éclairage automobile fait l'objet d'une prise de contrôle de la part de Faurecia qui en a acquis 60 % du capital auprès des actionnaires familiaux au prix de 60 euros par action. L'OPA a permis à l'ex-filiale de Peugeot d'obtenir une participation supplémentaire de 19,5 %.

Si Elliott a acquis cette participation de 6,6 % chez Hella, c'est en faisant le pari que l'équipementier automobile français Faurecia lance une offre améliorée pour évincer les derniers actionnaires de Hella. En Allemagne, il est d'usage de chercher à obtenir au moins 75 % du capital afin d'obtenir un accord dit « de domination ». Un tel accord donne à un acquéreur un contrôle étendu sur une cible, au point que les actionnaires minoritaires renoncent à leurs droits de vote. En contrepartie, ils ont le droit de vendre leurs actions pour un montant « équitable », à déterminer par des évaluateurs indépendants et par les tribunaux. Dans l'intervalle, ils reçoivent un paiement annuel garanti en lieu et place des dividendes qu'ils auraient autrement reçus.

Elliott fait donc un pari pascalien en se disant que l'action Hella ne peut pas valoir moins de 60 %. Il va faire la guerre à Faurecia pour se faire racheter ses titres à un prix révisé à la hausse ou bien essayer d'obtenir un prix plus élevé, ce qui implique souvent une action judiciaire longue autour de l'évaluation correcte de la société. Dans l'intervalle, il reçoit un coupon annuel garanti. Faurecia a déclaré mardi ne pas prévoir pas de lancer une nouvelle offre. Mais la pression d'Elliott a déjà eu raison de Vodafone à l'occasion du rachat de Kabel Deutschland.

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