Comment les Rothschild ont pu vendre un Rembrandt à l'étranger >
Une lettre d'intention a été signée il y a quelques jours entre les Pays Bas et la famille Rothschild pour la vente du Porte-Étendard de Rembrandt, pour lequel l'État néerlandais est prêt à payer 150 millions d'euros, selon les informations du ministère de la Culture. Il faut encore que les députés des Pays Bas acceptent de débloquer cette somme et le pays natal du peintre pourra mettre la main sur l'un des plus importants tableaux de Rembrandt. Et d'autant plus symbolique que le personnage représenté sur cette toile serait Rembrandt lui-même.
L'administration du ministère de la Culture a donc confirmé que cette œuvre, classée « trésor national » en France et vendue 175 millions d'euros, allait pouvoir être remise sur le marché de l'art, l'État français ayant finalement renoncé à son acquisition.
C'est le 9 avril 2019 que les descendants d'Élie de Rothschild et de Liliane Fould s'étaient vus refuser un certificat d'exportation, pour une durée de trente mois, le temps de laisser aux musées français la possibilité de réunir la somme de 165 millions d'euros alors proposée aux Rothschild. Comme aucun musée français n'a pu faire une contre-proposition, le statut de trésor national est tombé de facto il y a deux mois et la famille a retrouvé son certificat d'exportation.
La somme colossale de 175 millions d'euros va être partagée entre les six petits-enfants d'Élie de Rothschild. Ce dernier était le cousin germain de Guy, le père de David de Rothschild. Il a aidé son cousin à reconstruire la banque Rothschild Frères après la guerre. Élie de Rothschild était aussi président de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée familiale, et a opéré sa diversification vers le secteur hôtelier et celui de la restauration.