Effervescence chez les sous-traitants stratégiques de la défense nationale >
Il y a moins d'un mois, Eurazeo cédait, après un impressionnant round d'enchères organisé par la banque Evercore, 51,4 % du capital d'Orolia, entreprise spécialisée dans la géolocalisation et la navigation par satellites, qui a pour clients Airbus, Air France, la Royal Air Force, l'European Space Agency, Thales, Lockheed Martin, Raytheon, Selex Galileo, la NASA ou encore le CNES. C'est Safran qui a emporté le morceau pour 415 millions d'euros, un prix très élevé qui reflète la concurrence sur ce dossier, de Wendel ou d'Astorg très accrochées à ce dossier.
En ce tout début d'année, c'est le même feuilleton qui se rejoue avec l'entreprise iXblue, entreprise mondiale de haute technologie spécialisée dans la conception et la fabrication de technologies autonomes, marines et photoniques avancées. L'expertise interne du groupe comprend des systèmes et des solutions innovants dédiés à la navigation inertielle, au positionnement sous-marin, à l'imagerie sous-marine ainsi qu'aux moyens de construction navale et de tests & simulation. iXblue a été notamment l'une des premières entreprises au monde à exploiter, développer et commercialiser la technologie du gyroscope à fibre optique (FOG), et s'impose aujourd'hui comme un pionnier et un leader reconnu sur ce marché. iXblue emploie près de 750 personnes et génère 150 millions d'euros de chiffre d'affaires, dont 80 % à l'international.
Depuis que son fondateur, Hervé Arditty a annoncé l'intention de vendre cette entreprise, les appétits s'aiguisent. Wendel qui semble s'être pris de passion pour les centrales inertielles a regardé de très près le dossier à la fin 2021 avant de jeter l'éponge. Autre entreprise française intéressée, le groupe Gorgé, mais qui dispose de moins de moyens de développements. Surtout, à la différence d'Orolia qui ne l'intéressait pas, cette fois, Thales a fait savoir qu'iXblue s'inscrivait dans le périmètre de ses activités. Le groupe dirigé par Patrice Caine connaît bien les technologies développées par cette cible et voit dans sa maîtrise des gyroscopes et des centrales inertielles un marché important, notamment dans le domaine spatial et aux États-Unis. À la différence de Photonis, repris finalement par HLD, Thales ne se laissera pas forcer la main pour mettre le montant qu'il faut afin d'obtenir cette pépite.