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Business / Banques d'affaires / 07/02/2022

Les matheux français recherchés par les banques et les hedge funds

Le bureau parisien de Morgan Stanley, que dirige Emmanuel Goldstein, fait la joie des matheux français. L'an dernier, la banque a embauché 50 personnes dans son bureau de la rue de Monceau. Cette année, elle prévoit d'en embaucher 50 autres. Et en 2023 elle en embauchera encore une cinquantaine. D'ici à fin 2023, Morgan Stanley prévoit d'avoir 300 personnes à Paris, contre 200 actuellement.

Beaucoup de ces nouvelles recrues seront des « quants » comme l'on dit dans la banque. C'est-à-dire des analystes qui utilisent des méthodes mathématiques pour mesurer le risque d'un investissement.

Morgan Stanley veut donc construire un '« centre mondial de recherche appliquée pour les activités de marché », et Paris est son emplacement choisi. Il n'est pas difficile de voir pourquoi. Les « quants » français sont réputés parmi les meilleurs de l'industrie financière et les meilleures écoles d'ingénieurs françaises sont très difficiles à intégrer. L'université de Paris-Dauphine est généralement en tête de liste et elle alimente déjà Morgan Stanley en talents quantitatifs. Jacques-Olivier Moussafir, docteur en mathématiques de Dauphine, a rejoint la banque en tant que trader quantitatif à Paris en octobre 2020. Arnold Fadikpe, un autre diplômé de Dauphine, est arrivé en novembre 2021 et est un stratège Dérivés actions basé en Hongrie.

L'une des autres meilleures écoles pour les talents quantitatifs est l'École Polytechnique, l'école parisienne dont est diplômé Hamza Lemssouguer, le prodige du trading de crédit qui a quitté le Crédit Suisse l'année dernière. Lemssouguer a étudié les mathématiques et les statistiques à l'École polytechnique et dirige maintenant son propre fonds spéculatif. Il ne rejoindra donc pas Morgan Stanley de sitôt, mais la banque américaine s'appuiera probablement fortement sur d'autres anciens élèves de Polytechnique. Elle a déjà embauché Sami Zayani, chercheur quantitatif et diplômé de Polytechnique Mathématiques en 2014. Morgan Stanley emploie également déjà des diplômés de l'ENSAE, de l'université Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI) et de l'École nationale supérieure des Mines de Nancy.

Morgan Stanley ne sera pas le seul à courir après les « quants » français cette année. Les hedge funds Citadel, Millennium et ExodusPoint viennent également « faire leur marché » à Paris. Tant mieux. Les « quants » français se plaignent depuis longtemps de leur salaire. 2022 pourrait être l'année où il augmentera considérablement.

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