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Business / Défense et numérique / 14/02/2022

Comment Thales veut continuer à croître dans la cyber-sécurité

Le marché ne cesse de bruisser de rumeurs sur un possible rachat des activités cyber d'Atos par Thales. Cette pression médiatique était devenue tellement forte et gênante que le groupe de défense a publié, il y a une dizaine de jours, un communiqué rappelant qu'il n'existait aucune négociation en cours avec Atos. Mais que les actifs cybers de ce groupe étaient de nature à susciter l'intérêt de Thales.

La cyber-sécurité est devenue, au cours des dernières années, l'un des domaines d'expertise de Thales. À tel point que le groupe a, par exemple, pour client Google dans le domaine de la protection et du chiffrage de données ainsi que du cloud. Et, notamment, grâce au groupe dirigé par Patrice Caine, la France peut se targuer d'être l'un des rares champions mondiaux dans ce secteur d'activité en forte croissance. Puisque le nombre de cyber attaques et de ransomware a explosé durant ces douze derniers mois (+ 150 %) et que les typologies des menaces ne cessent d'évoluer alors que la pandémie rend les outils numériques toujours plus présents dans notre quotidien. Par ailleurs, depuis 2019, les coûts engendrés par la cyber-criminalité sur l'économie mondiale ont plus que doublé. C'est aussi ce qu'affirme Thomas Buberl, le patron d'Axa, qui assure le risque cyber des grands groupes. Et c'est la raison pour laquelle, chez Thales, on reconnaît exercer un volume d'affaires de l'ordre d'un milliard d'euros dans le cyber avec comme objectif d'atteindre 1,5 milliard d'ici à 2025, par la seule croissance organique.

En matière de croissance externe, le groupe s'apprête aussi à être sollicité à l'occasion de la mise en vente d'Idémia par Advent International. Cette entreprise est l'addition de l'ex-Morpho, venu de Safran, et des actifs d'Oberthur avec de la biométrie, des titres numérisés (notamment les permis de conduire américains) et des cartes SIM à usage bancaire. Chez Thales cette cible qu'Advent veut vendre cher (3,6 milliards plus deux milliards de dette) est considérée uniquement comme un « nice to have ». D'autant plus que la cyber-sécurité est avant tout une affaire d'ingénieurs et de talents à chouchouter plutôt qu'une question d'achats d'actifs liés à ces expertises humaines forcément volatiles. Autant dire que sur ce sujet il y a encore loin de la coupe aux lèvres dans les domaines de la croissance externe.

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