La justice belge dégonfle l'affaire syrienne de Lafarge >
Plus de quatre ans après les perquisitions menées au sein du Groupe Bruxelles Lambert, le parquet fédéral belge a décidé de ne pas mener à son encontre des poursuites pour financement d'une entreprise terroriste en Syrie. Le dossier est cependant toujours traité devant la chambre des mises en accusation après qu'une partie civile a demandé un complément d'enquête.
LafargeHolcim, holding actionnaire majoritaire de Lafarge Cement Syria, sa filiale accusée d'avoir financé des groupes djihadistes en Syrie, dont l'organisation État islamique, pour maintenir son activité en pleine guerre, a été mise en examen en France pour « complicité de crime contre l'humanité », « financement d'une entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie » des anciens salariés de l'usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie, il y a plusieurs années. GBL était un important actionnaire de Lafarge avec près de 20 % du capital.
Du côté français, l'enquête embarrasse beaucoup la justice, depuis qu'un espion jordanien a révélé au Guardian une tout autre version de cette affaire que celle entretenue jusqu'ici par la justice belge et française. Une version qui corrobore celle rapportée il y a quelques semaines par le quotidien Libération qui a rendu publique une note classée « confidentiel défense » de la DGSE, montrant que la France avait connaissance de tout ce qui se passait dans cette cimenterie et a encouragé – si ce n'est demandé – à des représentants de Lafarge de continuer à faire tourner cette usine. Tout cela apporte de l'eau au moulin des avocats chargés de la défense de Bruno La-font, ancien patron de Lafarge, et bouc émissaire d'Holcim dans cette affaire.