Orange a du mal à s'installer en Éthiopie >
C'est l'un des premiers dossiers que Christel Heydemann va trouver sur son bureau de nouvelle directrice générale d'Orange. Le groupe français de télécoms, qui était bien parti pour acquérir une participation minoritaire au capital de l'opérateur public local, Ethio Telecom, a vu cette cession subitement suspendue par le gouvernement qui a décidé, unilatéralement, de reporter le projet de privatisation.
Cette décision intervient dans un contexte politique toujours très incertain et sur fond de guerre civile. Malgré tout, une des deux licences de télécommunications mobiles a pu être cédée à un consortium mené par le kenyan Safaricom Ltd. Orange a présenté une manifestation d'intérêt pour l'achat de 40 % d'Ethio Telecom, dès le mois de juillet dernier, lorsque le gouvernement avait lancé un appel d'offres pour un projet de vente d'une participation de 40 % dans l'opérateur public à des investisseurs privés.
Le gouvernement estime que prendre le temps de s'adapter à l'amélioration de la situation macroéconomique, ainsi que d'améliorer la performance financière d'Ethio Telecom, se traduira par une meilleure valeur pour toutes les parties concernées. Il reste toutefois déterminé à donner suite à ce projet de privatisation. Ethio Telecom a enregistré une hausse de 6,7 % de son chiffre d'affaires l'an passé, bien que des parties de son réseau soient restées paralysées par le conflit militaire dans le nord du pays. Le pays reste très attrayant pour Orange, en dépit de son instabilité, car il compte environ 110 millions d'habitants et un fort taux de croissance économique.