Cette affaire qui empoisonne le rachat de PartnerRe par Covea… >
C'est une affaire typiquement française que Covea est en train de connaître à ses dépens. Il s'agit de savoir si des structures mutualistes, gérées comme des entreprises ordinaires, peuvent également agir à la manière des groupes capitalistes. Toute la question vise à déterminer si un groupe abondé par les profits de différentes mutuelles peut se livrer à des opérations d'acquisitions voire des OPA.
Ce sujet de philosophie des affaires a été soulevé par l'ancien administrateur judiciaire, Didier Calmels, très fin connaisseur des arcanes du droit des affaires, et surtout par une Association de sauvegarde du principe mutualiste, que préside l'avocat Dominique Paillé, 65 ans, qui a été député des Deux-Sèvres (lieu de prédilection des fameuses mutuelles niortaises) avant d'être conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Élysée, puis secrétaire général adjoint de l'UMP. Depuis 2007, ce dernier est aussi avocat spécialisé en droit des affaires.
Cette association, dont le bureau est surtout composé de ténors du Barreau, multiplie les procédures en ce moment afin d'empêcher Covea de racheter le réassureur PartnerRe à Exor, pour la somme faramineuse de 9 milliards de dollars, à laquelle est venu s'ajouter, il y a quelques jours, un complément de prix de 328 millions de dollars. Cette transaction vient d'ailleurs d'être notifiée à la Commission européenne, qui devrait l'étudier dans le cadre d'une procédure simplifiée. Cela signifie que le feu vert à ce rachat pourra être donné dans un délai d'un mois à compter de la notification.