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Business / 30/05/2022

ConglomératBolloré doit-il rester actionnaire de la Socfin ?

Le groupe Bolloré a cédé ses activités portuaires et de logistique en Afrique, d'une part, car elles se situaient, en termes d'activité, en haut de cycle, et d'autre part, car faire des affaires en Afrique sans risque politique, judiciaire, ou « humanitaire » devient très difficile. Avec l'aide d'Emmanuel Goldstein, patron de Morgan Stanley à Paris, Cyrille Bolloré a réussi à céder cette activité à MSC pour le montant record de 5,7 milliards d'euros.

La question que se posent les analystes financiers est désormais de savoir si Vincent Bolloré ne serait pas également bien inspiré de céder ses participations dans les plantations du groupe Fabri, celles qui ont longtemps fait la fortune du groupe Rivaud. Vincent Bolloré est rentré au capital du groupe Rivaud en 1988 après une tentative de raid raté menée par la banque Duménil-Leblé et la banque Stern, alors dirigée par Jean Peyrelevade. Et, petit à petit, il a réussi à en prendre le contrôle, alors que la Banque Rivaud connaissait des déboires financiers et judiciaires. Mais l'industriel breton a toujours fait en sorte de ménager Édouard de Ribes, dont la femme Jacqueline est la petite-fille d'Olivier de Rivaud, le fondateur du groupe.

Dans un premier temps, il a cédé en direct des plantations en Malaisie au prix du foncier urbain. Et c'est avec ce cash qu'il a pu mener ses premières opérations boursières sur Bouygues, Pathé ou la Rue Impériale. Mais aujourd'hui, les holdings qu'il conserve de cette époque (Artois, Moncey, Compagnie du Cambodge, Plantations des Terres Rouges…) détiennent, soit des titres d'autocontrôle de la cascade de contrôle du groupe Bolloré (Sofibol, Somabol, Omnium V, Bolloré Participations…), soit des titres des trois sociétés de la famille belge Fabri (alliée historique des Rivaud) et qui détiennent au total 200 000 hectares de plantations en Indonésie et en Afrique. Diverses entités du groupe Bolloré détiennent donc 39,75 % de la Socfin (société de tête), 9 % de la Socfinaf (partie africaine) et 22,25 % de la Socfinasia (partie indonésienne). Au total, ces trois participations représentent un actif de 235 millions d'euros sur la base des cours de Bourse. Mais, en termes de dividendes, elles ne vont faire tomber dans les caisses de Bolloré que 6,7 millions d'euros. Bien sûr, la hausse du cours des matières premières valorise ces titres jour après jour. Mais, par ailleurs, ces sociétés sont très attaquées par des associations humanitaires sur la question de la biodiversité (de manière à faire de nouvelles plantations) et sur celle des conditions de travail des Africains ou Indonésiens. La logique voudrait donc que le groupe se désengage de ces sociétés. Mais ce n'est manifestement pas ce qui est prévu dans l'immédiat, puisque selon nos informations, Cyrille Bolloré devrait faire son entrée dès demain au conseil de la Socfin avec un mandat d'administrateur qui court jusqu'en 2028. l

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