Les très beaux comptes de Michel-Édouard Leclerc >
Avec sa figure d'éternel adolescent et ses prises de paroles toniques, Michel-Édouard Leclerc fait oublier qu'il a passé le cap des 70 ans en mai dernier et qu'il ne dirige plus le fameux GALEC, la structure commune aux centres Édouard Leclerc. Il préside encore le comité stratégique de l'Association des centres distributeurs Leclerc, structure surtout destinée au maintien des principes « philosophiques » qui ont guidé son père. Son seul rôle officiel est donc aujourd'hui de représenter les Centres Édouard Leclerc auprès des pouvoirs publics et des médias.
Pour ce faire, il dispose d'une structure juridique propre MEL-SDC (Michel-Édouard Leclerc – Société de communication). Celle-ci, détenue par la société MEL-Usines (on appréciera le jeu de mots autour de la fée Mélusine très populaire dans la Bretagne dont la famille Leclerc est originaire) a pour unique actionnaire, le seul fils d'Édouard Leclerc. C'est cette société qui édite le site « De quoi je me MEL », qui met en avant à la fois les réflexions et les coups de gueule de Michel-Édouard Leclerc, mais aussi les initiatives commerciales des Centres Leclerc. Le 5 août dernier, il écrivait ainsi : « Mais d'où vient cette quasi-résignation de nos élites à l'égard de ce fléau qui vient taxer le pouvoir d'achat de nos concitoyens ? J'avoue ne pas comprendre : pourquoi faudrait-il verser toujours plus d'argent public pour compenser les hausses dingues qui sont présentées, plutôt que de jouer le rapport de force avec ceux qui essaient de refourguer leurs factures aux consommateurs et aux contribuables ? » Toujours est-il que MEL–SDC est une PME florissante, puisque l'an passé les prestations de communication de Michel Édouard Leclerc lui ont permis de dégager un chiffre d'affaires de 5,36 millions d'euros, un résultat d'exploitation de 3,2 millions en progression de 9 % et un bénéfice net de 2,3 millions d'euros en hausse de 12,7 %. De quoi verser à son actionnaire la coquette somme de 2,333 millions et de lui permettre de maintenir son pouvoir d'achat.